La France considère « que les problèmes africains doivent avant tout être réglés, coordonnés, par l’Afrique et que l’instance légitime est l’Union africaine », a affirmé le président français, annonçant une initiative pour soutenir le Fonds pour la paix de l’UA.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi 13 mai à Addis-Abeba la tenue d’ici la fin de l’année à Paris d’une conférence de financement des efforts de paix de l’Union africaine (UA) pour appuyer des « solutions africaines » aux crises du continent.
Il a ensuite quitté mercredi soir la capitale éthiopienne, siège de l’organisation panafricaine et ultime étape d’une tournée de cinq jours sur le continent, dont le temps fort aura été, à Nairobi, le premier Sommet franco-africain organisé dans un pays anglophone, Africa Forward.
À lire Emmanuel Macron : « En Afrique, nous ne sommes pas les prédateurs du XXIe siècle »
Dans la capitale éthiopienne, Emmanuel Macron a été reçu par le Premier ministre Abiy Ahmed, avant une rencontre trilatérale qualifiée d’« inédite » au siège de l’UA avec le président de la Commission de l’organisation continentale Mahamoud Ali Youssouf et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.
« Plus de capacités » pour les opérations de paix de l’UA
La France considère « que les problèmes africains doivent avant tout être réglés, coordonnés, par l’Afrique et que l’instance légitime est l’Union africaine », a souligné Emmanuel Macron qui se rendait pour la première fois en visite officielle au siège de l’UA.
« Une conférence internationale pour lever [des] fonds supplémentaires et mobiliser de nouveaux partenaires publics et privés » pour le « Fonds pour la paix de l’Union africaine sera organisée dans le dernier trimestre de cette année à Paris », a annoncé le président français, à l’issue de sa rencontre avec les patrons de l’UA et de l’ONU.
Créée en 1993, à l’époque de l’OUA, à laquelle a succédé l’UA en 2002, la mise en œuvre de ce Fonds pour la paix est restée bloquée durant plus de deux décennies, jusqu’en 2018. Pilier financier de « l’Architecture africaine de paix et de sécurité », il est alimenté par des contributions notamment des États membres de l’UA, du secteur privé et de particuliers.
Une collecte lui a permis de recueillir 400 millions de dollars en 2024.
À lire Emmanuel Macron et l’Afrique : les illusions perdues
Emmanuel Macron a également souhaité la mise en œuvre effective de la résolution 27-19 de l’ONU, adoptée fin 2023, qui prévoit que des contributions obligatoires des États membres de l’ONU financent les opérations de paix menées par l’UA.
Il avait déjà au cours de sa tournée affirmé vouloir que l’UA ait « plus de capacités » pour ses opérations de paix et pour « construire ses propres médiations ». Il avait notamment dit vouloir discuter avec l’ONU et l’UA du regroupement sous l’égide de cette dernière des diverses médiations autour du conflit dans l’est de la RDC.
William Ruto convié au G7
Avant son départ, Emmanuel Macron a également renouvelé son soutien à une réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU accordant des sièges permanents à l’Afrique. Il a enfin annoncé que la France appuierait, lors du prochain G7 en France, auquel il a invité son homologue kényan William Ruto à représenter l’Afrique, une initiative conjointe avec l’UA pour soutenir le continent « face à la crise au Moyen-Orient et à la fermeture d’Ormuz ».
« Toute l’économie mondiale est évidemment touchée par la fermeture du détroit d’Ormuz, mais le continent africain tout particulièrement », a-t-il souligné, sans donner de détails sur cette initiative.
(Avec AFP)
