Le ministre malien de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, a échangé le 14 mai 2026 à Bamako avec des responsables de la Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, autour du financement de l’agriculture et du renforcement des investissements dans les filières de production.
Cette rencontre intervient alors que le Mali affiche des ambitions importantes pour la campagne agricole 2025-2026, avec un objectif de près de 11,7 millions de tonnes de céréales et 682 000 tonnes de coton graine. Les autorités misent également sur une hausse des productions de pommes de terre, d’oignons, de mangues, de viande et de poisson afin de soutenir la sécurité alimentaire et les revenus agricoles.
Au cours des échanges, le ministre a salué l’appui du Groupe de la Banque mondiale et réaffirmé la volonté de son département de développer des projets agricoles innovants et durables. Au-delà du cadre institutionnel, les discussions portent surtout sur la capacité du Mali à mobiliser des financements pour moderniser les filières agricoles, soutenir les exploitants et attirer davantage d’investissements privés dans un secteur essentiel à l’économie nationale.
L’agriculture représente près d’un tiers du produit intérieur brut du pays et constitue la principale source de revenus pour environ 80 % de la population. Cette dépendance explique l’importance accordée au financement des chaînes de production, notamment dans les secteurs céréaliers, cotonniers, fruitiers, halieutiques et de l’élevage.
Les objectifs annoncés supposent toutefois des moyens considérables : disponibilité des intrants, accès aux équipements, amélioration de l’irrigation, entretien des pistes rurales, financement adapté et sécurisation des débouchés commerciaux. Le secteur reste aussi confronté aux effets du changement climatique, aux difficultés logistiques et à l’insécurité dans plusieurs régions agricoles.
La Société financière internationale a déjà renforcé son soutien au Mali ces dernières années. En octobre 2025, elle avait accordé un prêt de 40 millions de dollars à la Banque nationale de développement agricole afin de soutenir les petites entreprises, les coopératives et les producteurs engagés dans une agriculture plus résiliente face au climat.
L’objectif affiché est de porter le portefeuille de prêts de la banque à plus de 270 millions de dollars sur cinq ans. Une partie des financements doit être orientée vers les entreprises dirigées par des femmes ainsi que vers les projets liés à l’agriculture durable, aux énergies renouvelables et à l’irrigation intelligente. Selon l’IFC, ce dispositif pourrait générer entre 8 600 et 14 200 emplois directs et indirects au cours des cinq prochaines années.
D’autres initiatives ont également soutenu le secteur agricole malien. Un programme financé par la Banque mondiale à hauteur de 30 millions de dollars a contribué au développement de l’agro-industrie, notamment dans la filière mangue et l’alimentation animale, avec la réhabilitation de 300 kilomètres de pistes rurales et l’accompagnement d’entreprises vers des certifications internationales. L’IFC a aussi investi dans la transformation de mangues pour soutenir les exportations et la création d’emplois locaux.
Le financement agricole reste étroitement lié à la question de la sécurité alimentaire. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, près de 1,47 million de personnes pourraient être confrontées à une grave insécurité alimentaire aiguë au Mali. L’organisation recense également plus de 402 000 déplacés internes et estime à 27,9 millions de dollars les besoins nécessaires pour assister plus de 522 000 personnes en 2026.
À travers cette rencontre, les autorités maliennes cherchent donc à transformer le potentiel agricole du pays en moteur durable de croissance, d’emplois et de sécurité alimentaire. Le principal défi restera toutefois de rendre les financements réellement accessibles aux exploitants, aux coopératives et aux petites entreprises qui constituent l’essentiel du tissu agricole national.
MD/te/APA
