L’ouvrage « Reprendre la main : Nouvelle géostratégie de la recentration de la République démocratique du Congo (RDC), en Afrique Médiane », du professeur Augustin Mangemosi, a été porté sur les fonts baptismaux vendredi, lors d’une cérémonie dans la commune de Ngaliema, dans l’Ouest de la capitale congolaise.
« Il n’y a pas d’Afrique sans la RDC. Regardez la carte géographique de l’Afrique et posez-vous la question : par quel schéma, par quel procédé l’Afrique se développera-t-elle ? La réponse est simple : sans la RDC, il n’y en a pas. Il n’y en a tout simplement pas. Que vous partiez de l’océan Atlantique ou de l’océan Indien, vous devez passer par la RDC. C’est pourquoi la France, par exemple, avait raison de dire que l’Afrique avait la forme qu’elle lui a trouvée par l’envolée. Donc, la clé de voûte s’est trouvée au Congo. Et là, j’ai construit une autre région politique, d’ailleurs qui a été tout le temps soumise par le féodalisme.
Est-ce qu’ils vont continuer avec la dissimulation ? Ou alors, il faut changer », a déclaré le professeur Mangemosi, auteur du livre. Dans une intervention forte en symboles, l’orateur s’est interrogé sur les blocages qui empêchent l’Afrique d’avancer et a désigné la RDC comme la clé de la réparation. À travers la métaphore de l’arme à la gâchette mouillée, il a affirmé que seul le Congo a la capacité de reconstruire sa puissance : « Qu’est-ce qui a posé problème ? Les revolvers ? Non, l’Afrique est toujours l’Afrique. Mais la main, cette main, elle doit appuyer. Or, la gâchette était déjà mouillée », a fait savoir le professeur Augustin Mangemosi.
Un appel à la souveraineté stratégique congolaise
Pour sa part, le professeur Mulume a insisté sur la nécessité pour la RDC d’opérer un tournant décisif pour redevenir acteur de son destin, estimant que l’avenir du pays passe par une reprise en main de ses leviers stratégiques et de son projet national. « La recentration géostratégique de l’État congolais apparaît dès lors comme un nouveau paradigme et une condition essentielle pour que le Congo redevienne un sujet géostratégique de l’histoire dans une nouvelle Afrique médiane, plutôt qu’un objet d’influences extérieures.
Dans cette optique, reprendre la main signifie, pour la République démocratique du Congo, réaffirmer son autonomie de décision, reconstruire la cohérence de son projet national et redéfinir ses alliances et coalitions de manière souveraine (…) », a-t-il fait savoir. Cet ouvrage de 350 pages, préfacé par le professeur Bertrand Badie, a été publié aux éditions de l’Institut Géopolitique de l’Afrique Médiane.
Il met en avant la géostratégie de la recentralisation qui consiste à ramener l’État congolais (État-pivot) au centre de la décision géostratégique, de la gestion économique, de la sécurité territoriale, des alliances et des coalitions régionales. L’ouvrage repose sur l’idée que la puissance congolaise n’est pas à chercher ailleurs ; elle est déjà là, mais dispersée, fragmentée et capturée par des intérêts étrangers et des réseaux obscurs internes qui ne servent pas le bien commun.
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