Au lendemain de l’adoption par l’Organisation internationale du travail (OIT) d’une convention internationale consacrée aux travailleurs des plateformes numériques, l’Union marocaine du travail (UMT) appelle le gouvernement à engager rapidement le chantier de son intégration dans le cadre juridique national. La centrale syndicale estime que ce nouveau texte ouvre la voie à une meilleure protection d’une d’une catégorie de travailleurs dont les effectifs sont en forte expansion et qui sont souvent confrontés à des conditions de travail précaires et à l’absence de couverture sociale.
L’adoption par l’OIT d’une convention internationale sur le travail via les plateformes numériques suscite déjà des réactions au Maroc. Dans un communiqué publié ce samedi 13 juin, l’Union marocaine du travail a appelé le gouvernement à se saisir de ce nouveau cadre international afin d’adapter la législation nationale aux mutations du marché du travail induites par l’économie numérique.
Approuvée vendredi à Genève lors de la 114e Conférence internationale du travail, cette convention constitue le premier traité international spécifiquement dédié aux travailleurs des plateformes numériques. Elle vise à garantir un ensemble de droits fondamentaux à des millions de personnes exerçant leur activité via des applications ou des plateformes numériques, qu’il s’agisse de livraison, de services à distance, de prestations numériques ou d’autres formes de travail organisées par l’intermédiaire d’outils numériques.
Pour l’UMT, cette évolution intervient dans un contexte où l’économie des plateformes occupe une place croissante dans les marchés du travail à travers le monde. La centrale syndicale souligne que ces nouvelles formes d’emploi ont favorisé l’émergence d’activités génératrices de revenus mais qu’elles s’accompagnent également de défis importants en matière de protection sociale, de couverture juridique et de droits professionnels.
Appel à adapter le cadre juridique marocain
Au-delà de la portée internationale du texte, l’organisation syndicale insiste surtout sur les implications qu’il pourrait avoir au niveau national. L’UMT considère que la convention constitue désormais une référence pour les États souhaitant renforcer la protection des travailleurs actifs sur les plateformes numériques et mieux encadrer les nouvelles formes d’emploi liées à la transformation digitale.
La centrale appelle ainsi le gouvernement à ratifier la convention dès que les conditions institutionnelles le permettront et à engager un processus d’adaptation des dispositions législatives et réglementaires nationales. Elle plaide également pour l’ouverture d’un dialogue social consacré à la situation des travailleurs de l’économie numérique et aux mécanismes susceptibles de leur garantir des conditions de travail conformes aux standards internationaux nouvellement adoptés.
Cette prise de position intervient alors que le travail via les plateformes connaît une progression continue au Maroc. Les services de livraison, certaines activités de l’offshoring, le travail indépendant en ligne ou encore diverses prestations numériques mobilisent un nombre croissant de travailleurs dont les statuts restent souvent à la frontière entre salariat et activité indépendante.
La protection sociale au cœur des enjeux
L’adoption de la convention de l’OIT pourrait contribuer à accélérer les réflexions engagées dans plusieurs pays sur l’encadrement de ces nouvelles formes de travail. Le texte prévoit notamment des garanties relatives à la liberté syndicale, à la négociation collective, à la sécurité et à la santé au travail, à la protection sociale ainsi qu’à la rémunération des travailleurs concernés.
L’UMT rappelle à cet effet avoir participé aux travaux et aux discussions qui ont précédé l’adoption de cette convention au sein des instances de l’OIT, aux côtés d’autres organisations syndicales internationales. Au-delà de cette contribution, la centrale met désormais l’accent sur l’étape suivante : la traduction concrète de ces principes dans les législations nationales.
La convention n’entrera en vigueur qu’après sa ratification par au moins deux États membres. Son adoption marque néanmoins une étape importante dans la reconnaissance internationale des travailleurs des plateformes numériques, un sujet qui devrait occuper une place croissante dans les débats sociaux et réglementaires au Maroc au cours des prochaines années.
