A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, les autorités en charge de l’eau et de l’environnement dans la bande de Gaza alertent sur une crise sanitaire, humanitaire et écologique imminente.
L’Autorité de l’eau et de l’environnement ainsi que l’Union des municipalités de la bande de Gaza ont averti, samedi 13 juin, que les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement sont confrontés à un risque imminent d’effondrement, dans un communiqué conjoint publié sur Telegram, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement.
« Les municipalités et les opérateurs des services d’eau peinent à maintenir le fonctionnement des puits, des stations de dessalement et des installations de pompage des eaux usées en raison du manque chronique de carburant, d’huiles industrielles, de pompes et de pièces détachées », peut-on lire dans le communiqué.
Ces infrastructures doivent pourtant fonctionner en continu pour assurer la distribution quotidienne de plus de 140 000 mètres cubes d’eau destinée à la consommation domestique et à l’approvisionnement en eau potable de plus de deux millions de personnes, selon les autorités locales.
Manque de carburant
De la même façon, la situation est tout aussi préoccupante pour le secteur de l’assainissement. Les installations chargées de traiter et d’évacuer près de 50 000 mètres cubes d’eaux usées par jour dépendent elles aussi d’un approvisionnement régulier en carburant et en matériel de maintenance.
Les autorités mettent en garde contre un arrêt soudain de ces installations, qui pourrait entraîner « l’accumulation d’eaux usées non traitées dans les villes, les camps de réfugiés et les zones densément peuplées ».
Une telle situation favoriserait la propagation de maladies, d’épidémies, d’insectes et de rongeurs, tout en aggravant la pollution environnementale, rappelle le communiqué.
Parmi les sites les plus exposés figure le bassin de Cheikh Radwan, dans la ville de Gaza.
Cette installation reçoit quotidiennement plus de 10 000 mètres cubes d’eaux usées provenant de différents quartiers de la ville. Les responsables locaux estiment qu’une panne prolongée de la station de pompage associée au bassin pourrait provoquer « une hausse dangereuse du niveau des eaux usées, menaçant directement des dizaines de milliers d’habitants vivant dans les zones voisines ».
Les hôpitaux également menacés
Les conséquences de cette crise dépassent le seul cadre environnemental , sachant que de nombreux hôpitaux et établissements de santé dépendent des stations de dessalement pour assurer leur approvisionnement en eau potable nécessaire aux soins médicaux.
Ainsi, « l’incapacité à faire fonctionner ces installations pourrait compromettre plusieurs services vitaux, notamment les séances de dialyse rénale et les soins critiques, exposant ainsi les patients à des risques majeurs ».
Les autorités estiment que la poursuite des restrictions sur l’entrée des équipements menace non seulement les installations elles-mêmes, mais aussi le droit fondamental de la population à l’eau potable, à la santé publique et à un environnement sain.
Appel aux Nations unies
Face à cette situation, les responsables gazaouis ont lancé un appel aux Nations unies, aux médiateurs internationaux, aux organisations humanitaires et aux bailleurs de fonds afin qu’ils interviennent rapidement.
Ils demandent notamment l’entrée immédiate et durable du carburant, du diesel, des huiles industrielles, du chlore, des pompes et des pièces de rechange nécessaires au fonctionnement des infrastructures.
Ils réclament également la levée des restrictions sur les équipements destinés à la réparation des réseaux d’eau et d’assainissement, l’accès sécurisé des équipes techniques aux installations endommagées, ainsi qu’un soutien financier international permettant d’assurer la continuité des services essentiels.
Les autorités plaident enfin pour la mise en œuvre d’un programme global de reconstruction des secteurs concernés, considérés comme indispensables à la survie de la population et à la préservation de sa dignité.
Les autorités de Gaza considèrent que la situation actuelle constitue une crise environnementale et humanitaire sans précédent, en contradiction avec les principes promus à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement.
Elles rappellent que l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement ne relève ni du luxe ni du choix, mais constitue un droit humain fondamental.
« Tout retard dans la réhabilitation des infrastructures et dans l’acheminement des ressources nécessaires risque d’aggraver davantage les conséquences sanitaires, environnementales et humanitaires auxquelles sont confrontés les habitants de la bande de Gaza », ont indiqué les autorités gazaouies.
A noter que le nombre de victimes de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza a atteint 72 993 morts et 173 230 blessés depuis le déclenchement de la guerre le 7 octobre 2023, d’après les autorités sanitaires locales.
Selon les mêmes sources, les établissements hospitaliers de l’enclave ont enregistré, au cours des dernières 24 heures, l’arrivée de deux personnes tuées et de 11 blessés.
Elles précisent que, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre, le bilan s’établit à 983 morts et 3 122 blessés. Elles ajoutent que 783 corps ont également été extraits des décombres durant cette période.
