L’émotion était palpable dans les propos de Yékini au moment d’évoquer la mémoire d’Amadou Katy Diop. Pour l’ancien Roi des arènes, le défunt n’était pas seulement un entraîneur, mais un véritable guide dont l’influence a profondément marqué son parcours sportif et humain.
Revenant sur leur première rencontre, Yékini raconte que tout a commencé en 1996, à Fatick. À cette époque, il pratiquait uniquement la lutte simple lorsque Amadou Katy Diop l’encouragea à franchir une nouvelle étape en intégrant la lutte avec frappe.
« Il m’a dit : « Tu es un champion, tu dois venir à Dakar. » Il avait vu en moi un potentiel que beaucoup n’avaient pas encore remarqué », se souvient-il.
Convaincu par la vision de son mentor, Yékini décida alors de rejoindre l’écurie de Dakar, malgré les nombreuses sollicitations dont il faisait l’objet. Un choix qu’il n’a jamais regretté tant la relation de confiance qui les unissait était forte.
Au-delà de ses compétences techniques, l’ancien Roi des arènes retient surtout les qualités humaines d’Amadou Katy Diop.
« C’était un homme bon, calme, serein et profondément croyant. Durant tout notre parcours ensemble, nous ne nous sommes jamais disputés », a-t-il confié.
Yékini a également dévoilé l’une des méthodes de travail qui caractérisaient son mentor. À l’approche des combats, Amadou Katy Diop veillait à protéger son lutteur de toute pression extérieure.
« Le jeudi, dernier jour d’entraînement, il réunissait tout le monde et disait : « Si quelqu’un a quelque chose à dire à Yakhya, qu’il le dise maintenant. » Il ne voulait pas que les gens viennent me perturber ou me donner des consignes de dernière minute le jour du combat », a-t-il expliqué.
Une fois arrivés au stade, les échanges entre les deux hommes étaient réduits à l’essentiel.
« Il me demandait simplement : « Ya, comment te sens-tu ? » Je répondais : « Je suis prêt. » Et cela s’arrêtait là. Après plusieurs mois de préparation, il savait qu’il n’était plus temps de parler, mais de combattre. »
À travers ce témoignage, Yékini dresse le portrait d’un homme de vision, de discipline et de sagesse. Un bâtisseur discret qui a contribué à façonner l’une des plus grandes carrières de l’histoire de la lutte sénégalaise et dont l’héritage continuera d’inspirer plusieurs générations de lutteurs.
