La controverse autour de la dette publique sénégalaise s’intensifie. Le 19 juin, Amadou Ba, membre de Pastef, a publié une réaction virale sur les réseaux sociaux, critiquant vivement des médias qui, selon lui, refusent de reconnaître l’existence d’une dette cachée.
Il s’appuie sur le rapport de la Cour des comptes, qui mentionne une « importante dette bancaire contractée hors circuit budgétaire », non enregistrée dans les comptes officiels de la Direction de la dette publique. Pour lui, des engagements pris sans feu vert parlementaire et absents des registres officiels sont par définition une dette cachée, et pourraient même être qualifiés de « dette odieuse », car contractés sans l’accord des élus du peuple.
Amadou Ba reproche à certains analystes de confondre dette cachée et dette odieuse. Il précise que la première est une dette réelle non déclarée, tandis que la seconde est contractée sans consentement populaire ou institutionnel, comme l’ont établi les travaux du juriste Alexander Nahum Sack. Il estime que le vrai débat ne porte pas sur l’existence de la dette, mais sur les voies juridiques pour la contester ou en demander l’annulation.
Revenant sur une interview du Premier ministre Ousmane Sonko accordée à des médias étrangers, il affirme que ses propos ont été décontextualisés. Selon lui, nier ces engagements reviendrait à ignorer les conclusions de la Cour des comptes, qui a mis en évidence des tirages sur ressources extérieures supérieurs aux montants déclarés et un encours de la dette plus élevé que celui des documents de reddition. Lactuacho a repris cette analyse, soulignant l’importance de ces écarts dans le débat public.
