« Une attaque contre un allié est une attaque contre tous. » C’est ce que rappelle le texte de la déclaration publiée au deuxième et dernier jour du sommet de l’Otan à Ankara, en Turquie.
Le texte précise ceci : « Notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité. »
La clause d’assistance mutuelle se base sur l’article 5 du traité de l’Alliance atlantique créée en 1949. Celui-ci n’a été déclenché qu’une seule fois, au bénéfice des États-Unis, après les attentats du 11 septembre 2001.
Si les États-Unis se sont associés au texte, durant le sommet, pourtant, Donald Trump n’a pas hésité à exprimer sa frustration vis-à-vis de l’Otan.
La colère et les critiques de Trump
« Je suis très en colère contre l’Otan. » Ce sont les propos que Donald Trump a lancés, dénonçant l’attitude des alliés sur l’Iran et le Groenland ou l’Espagne.
Depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran fin février, le président américain a multiplié les critiques contre ses alliés occidentaux qui ont pris leurs distances avec ce conflit.
Il a aussi exprimé sa frustration de ne pas avoir pu s’emparer du Groenland. Selon le président américain : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », a-t-il ajouté en ce qui concerne le territoire autonome danois.
Donald Trump s’en est également pris à l’Espagne qu’il a qualifiée de « cause perdue ». Les États-Unis vont selon lui « cesser tout échange commercial » avec Madrid, à qui il a de nouveau reproché de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan.
Rutte se veut rassurant
Durant le sommet, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, s’est efforcé de rassurer sur l’engagement américain au sein de l’Alliance.
Il a écarté l’idée que les critiques de Donald Trump mettent en danger l’Otan.
Il y a, selon lui, « un engagement complet » des États-Unis au sein de l’Alliance et « le fait que le président Trump encourage les Canadiens et les Européens (à dépenser plus) a vraiment aidé ».
En 2025 à La Haye, Donald Trump avait célébré un « succès monumental » après l’engagement des pays à consacrer au moins 5 % de leur produit intérieur brut à leur sécurité. Au cours de ces derniers mois, il a toutefois fustigé l’absence de soutien des Européens dans son opération militaire contre l’Iran.
La réaction du chancelier Merz
Durant ce sommet de l’Otan, le chancelier allemand Friedrich Merz a plaidé pour une attitude solidaire de l’Alliance. Avant même le début des consultations, il a déclaré qu’il souhaitait qu’ensemble les États membres parviennent à éveiller « un esprit d’Ankara ».
Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Allemagne a doublé ses dépenses de défense et les a augmentées à 124 milliards d’euros en 2026. Les 32 pays de l’Otan ont réaffirmé leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine, qui, selon les Alliés, « contribue à la sécurité transatlantique et défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale », ajoute le texte.
Côté américain, en dépit de ses critiques, Donald Trump, qui a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a indiqué qu’il allait autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine.
Outre la question de l’aide à l’Ukraine, la coopération au niveau de l’industrie de défense et de l’acquisition commune de biens d’armement était aussi au menu du sommet d’Ankara.
Il est question notamment de la modernisation de la flotte de l’Otan d’avions de reconnaissance AWACS « Airborne Warning and Control System » qui servent de centres de contrôle radar volants. Ils surveillent l’espace aérien, maritime et en partie terrestre, détectent les avions, drones ou fusées de manière précoce et coordonnent les interventions militaires.
Auteur: Carole Assignon, Avec agences
