En Ituri (RDC), c’est un nouveau coup dur pour la riposte contre Ebola. Dans la nuit du mercredi 15 juillet , le centre de traitement de Nyakunde a été attaqué par des miliciens FPIC et des jeunes en colère. Bilan : fuite de malades, centre détruit et un climat de panique.
Un début de mercredi sous tension
Puis vers 18h, le général autoproclamé Hérode, chef de la milice FPIC, Front Patriotique et integrationniste du Congo, est abattu dans un bistrot avec ses deux gardes du corps.
La nouvelle provoque un soulèvement. Ses combattants tirent des coups de feu dans la cité et se dirigent vers l’hôpital où ils amènent le corps de leur chef, en espérant le faire réanimer.
Le centre de traitement Ebola, situé à côté, n’est pas épargné.
Des jeunes du quartier se joignent à l’attaque selon cet agent de la riposte qui a préféré gardé l’anonymat : « Ils ont commencé à tirer vers le CTE. Certains jeunes ont caillassé le centre. Ils n’ont pas pu entrer à l’intérieur. Les équipements médicaux sont restés intacts et le personnel n’a pas été touché. »
Les tirs se sont tout de même poursuivis toute la soirée jusqu’à ce jeudi matin. Les activités sont paralysées. La milice FPIC, proche de la communauté Bira et créée en 2019, accuse l’armée congolaise d’avoir tué son commandant. Accusation rejetée par les FARDC.
Le sous-lieutenant Mave Goreth, porte-parole de l’armée en Ituri, affirme qu' »aucune opération n’a été menée jusqu’à ce jour contre les groupes armés locaux. Les services compétents sont mobilisés pour établir les causes réelles de cet incident. »
Des dégâts qui touchent la communauté entière
Quatre malades d’Ebola ont fui le centre pendant l’attaque et se cachent dans la communauté. Pour Christophe Munyanderu, activiste des droits de l’homme, le risque de nouvelle contamination est réel.
« C’est un danger, s’inquiète-t-il. Nous interpellons les autorités en urgence pour que les soignants regagnent Nyakunde et que le centre soit vite rééquipé. »
Il faut rappeler que c’est la deuxième attaque sur ce site. En septembre 2002, l’hôpital de Nyakunde avait subi l’un des plus graves massacres de civils pendant le conflit de l’Ituri.
Auteur: Marcus Loika
