Les équilibres politiques continuent d’évoluer au Sénégal. Dans une analyse publiée sur les réseaux sociaux, Mamoudou Ibra Kane estime que le paysage politique est entré dans une phase de profondes recompositions, marquée par des repositionnements stratégiques et des enjeux qui dépassent le seul cadre des partis politiques.
Au cœur de son analyse figure l’ancien Premier ministre Amadou Ba, arrivé deuxième de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 avec 35,79 % des suffrages, soit plus de 1,6 million de voix. Pour Mamoudou Ibra Kane, ce capital politique ne saurait être occulté, malgré les performances enregistrées par d’autres responsables de l’opposition lors des dernières élections législatives.
Réagissant notamment aux déclarations du député-maire de Ndioum, Cheikh Oumar Anne, l’ancien journaliste affirme : « Politiquement parlant, le député maire de Ndioum Cheikh Oumar Anne, si vous l’avez écouté, est certainement méritant. Ses bons résultats à Podor lors des dernières législatives en attestent. Pour autant cela l’autorise-t-il à tout dire ?
97 000 voix, on le concède, ce n’est pas mal. Sauf qu’il ne faut tout de même pas oublier les 1 605 086 suffrages obtenus par le candidat arrivé 2ème à l’élection présidentielle du 24 mars 2024 ! La question est maintenant de savoir ce qu’est devenu ce score honorable ? C’est un autre débat ».
« Porter l’ambition de devenir président de la République, c’est refuser d’être mené par le bout du nez », écrit-il, laissant entendre qu’Amadou Ba devra préserver son autonomie politique dans les négociations et les recompositions en cours.
Mamoudou Ibra Kane évoque également un jeu d’influences entre Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall et Karim Wade, autour de dossiers stratégiques mêlant politique intérieure et diplomatie, notamment la candidature sénégalaise au poste de secrétaire général de l’ONU. Dans cette configuration, il considère qu’Amadou Ba demeure un acteur incontournable, estimant que les séquelles politiques de la présidentielle de 2024 avec Macky Sall ne sont pas totalement dissipées.
L’analyste souligne enfin que les autres forces politiques devront, elles aussi, se positionner face aux échéances à venir, qu’il s’agisse d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, des élections territoriales, de la présidentielle de 2029 ou encore des enjeux liés à la CEDEAO et à la diplomatie sénégalaise.
« Les lignes bougent. Les Sénégalais écoutent et regardent avant d’agir. D’ici là, allons au champ ou lisons un livre. Vacances studieuses ou vacances tout court ! », dit-il.
