Ce samedi 25 juillet, le chef de la junte nigérienne s’est exprimé sur une possible réouverture de la frontière commune entre le Niger et le Bénin, fermée depuis bientôt trois ans.
Avant une éventuelle décision de réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin, il existe des « plaies » qu’il faut d’abord « panser », a déclaré le chef de la junte nigérienne Abdourahamane Tiani ce samedi 25 juillet. Depuis l’arrivée au pouvoir en juillet 2023 du régime militaire à Niamey, la frontière est restée fermée ; le Niger accusant son voisin béninois de chercher à le déstabiliser avec l’appui de la France.
Mais la visite du nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, début juin au Niger, a marqué le dégel des relations très tendues entre les deux pays confrontés à des violences jihadistes récurrentes de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. La venue de Romuald Wadagni avait également laissé augurer d’une réouverture prochaine de leur frontière.
« Beaucoup d’eau a coulé sous le pont, il y a des traces, il y a des plaies qu’il va falloir panser et correctement soigner avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière », a déclaré le général Tiani lors d’un long entretien donné samedi 25 juillet au soir à la télévision publique, à l’occasion du troisième anniversaire de son arrivée au pouvoir. « Les deux parties ont fait preuve de disponibilité, d’engagement mais il y a des préalables » et il revient à lui-même et au président béninois d’y apporter une « réponse », a-t-il affirmé.
La réouverture de la frontière doit, d’après lui, se faire d’une manière à ce qu’« aucun président béninois ou nigérien ne décide un jour de vouloir la (re)fermer selon ses humeurs ».
Accord de défense
Fin avril, Niamey avait déjà posé des conditions préalables à la réouverture de sa frontière avec le Bénin, lors d’une rencontre à Cotonou entre le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, et le comité d’experts en charge du dossier.
À lire L’oléoduc entre le Niger et le Bénin, victime de la bataille diplomatique entre Tiani et Talon ?
Niamey exigeait notamment « la signature d’un accord de défense » et celle « d’un accord de sécurité qui pose le principe intangible de la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre ».
(Avec AFP)
