Il y a un mot qui ne veut plus rien dire chez nous : Teranga. On le brandit comme un drapeau, mais la réalité, elle, est ailleurs. À Saly, ce sont des hôtels braqués, des plages mangeuses d’enfant, des routes cahoteuses mais surtout des racketteurs aguerris… lucides ou pas. Notre Teranga est en train de mourir d’insécurité.
La Petite Côte n’est plus un paradis, c’est une zone où les cauchemars remplacent les couchers de soleil. Un homme ligoté par huit gaillards. Une fille tuée dans sa propre maison. Des familles entières qui abandonnent leurs biens mobiliers pour retrouver un peu de paix dans le froid glacial de leurs pays. Et puis, ces racoleurs qui veulent jouer aux plus malins, en voulant rouler dans la farine ceux qui ont eu l’ idée de visiter notre pays.
Faites donc un tour sur les sites de voyage : la première chose qu’on vous dit sur le Sénégal, c’est « attention, si vous êtes toubab, ils voudront vous faire payer la facture de leur misère. Déjà bien trop salée. » Voilà l’image qu’on exporte, voilà ce qu’on vend. Chaque rasta veut son toubab.
Et la sécurité dans tout ça? Administrative. Si le délai d’intervention était un facteur de rémunération, la masse salariale aurait fondu comme neige au soleil. On les appelle dix fois, on attend, et au final, chacun se débrouille seul.
Le tourisme n’est pas un luxe, c’est la vie de milliers de familles mais surtout la vitrine d’un pays. Aujourd’hui, cette vitrine se brise, morceau par morceau. La Teranga, ça ne se décrète pas, ça se protège. Et si nous ne protégeons pas nos touristes, notre fierté et notre économie, alors nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes. La fête est finie. C’est notre honneur qui est en jeu dans le championnat du monde du meilleur hôte.
