Les relations entre les deux pays se sont détériorées en avril 2025, après la destruction d’un drone malien par l’Algérie. Ce dernier accusait le Mali d’avoir violé son espace aérien. Des accusations réfutées par Bamako. Le Mali avait donc fermé son espace aérien à son voisin, avec qui il partage une frontière de plus de 1 300 kilomètres.
Le 10 juillet dernier, les deux pays ont annoncé différentes mesures de rapprochement après la brouille diplomatique. Ils ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leur espace aérien respectif.
Le premier ministre Sifi Ghrieb a même invité son homologue malien à une visite en Algérie, lors d’un entretien téléphonique.
Ecoutez ou lisez l’interview de la DW avec le sociologue Mohamed Amara sur ce rechauffement des relations diplomatiques entre Alger et Bamako.
Mohamed Amara : Premier point de vue important, c’est que c’est quelque chose qui permettait en tout cas de ramener la paix dans la région, notamment dans le Sahel.
On le sait tous aujourd’hui que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, sont secoués par les groupes terroristes et d’autres groupes rebelles.
Pour l’Algérie, c’était important de ramener le voisin et frère malien à la table diplomatique pour parer à toute éventualité de dégradation sécuritaire qui touche quasiment aujourd’hui le Golfe de Guinée, même si l’Algérie n’est pas concernée à ce niveau-là.
Deuxième analyse importante par rapport à ce rapprochement, l’Algérie, quelque part, avec l’aide de la Fédération de Russie qui est un partenaire important et pour le Mali, et pour l’Algérie, avait besoin de reprendre la main sur la situation sécuritaire.
La question de la paix, mais aussi la question du leadership algérien dans la région, conduisent à dire que ce rapprochement sert plus l’Algérie.
DW : D’une certaine façon, vous venez de donner les avantages de ce rapprochement pour l’Algérie.Qu’en est il du Mali?
Mohamed Amara : C’est de sécuriser la frontière avec l’Algérie pour éviter que cette frontière devienne une espèce de passoire sécuritaire.C’est le premier aspect.
Le deuxième aspect, c’est de reprendre les possibilités de dialogue, de négociation pour utiliser un terme qui est dans l’actualité avec le Front de libération de l’Azawad, pour retourner dans une situation de stabilité politique.
DW : Ce rapprochement peut-il changer les équilibres géopolitiques au Sahel ?
Les équilibres géopolitiques n’ont pas bougé en tant que tel depuis 2020, voire même depuis 2021. Ce qui est important à noter en termes de changement d’équilibre, c’est plutôt remettre l’Algérie dans le jeu, mais aussi faire en sorte que la Fédération de Russie, qui est encore, je le rappelle, le partenaire important des deux Etats, puisse aussi avoir un positionnement géopolitique important dans la région.
Auteur: Fleur Prisca Konkobo
