Face à la situation à Sebta occupée, qui a connu fin juillet l’entrée de milliers de migrants, plusieurs municipalités espagnoles se sont regroupées à travers des appels lancés sur les réseaux sociaux pour manifester contre la présence de ces personnes.
Si l’objectif de ces manifestations n’a pas été clairement évoqué, l’initiative citoyenne « Pour Ceuta », née sur les réseaux sociaux, et dont les coordinateurs ne sont pas identifiés, ont organisé pour ce mercredi de nombreux rassemblements dans plusieurs villes et municipalités d’Espagne continentale et dans les îles pour soutenir la ville de Sebta occupée.
Ces manifestations sont organisées simultanément par cette initiative et par Fédération espagnole des communes et des provinces (FEMP) qui a appelé à des rassemblement devant les mairies des villes selon l’agence de presse Europa Press.
Depuis l’entrée irrégulière de plusieurs centaines de migrants à Sebta, un élan de racisme décomplexé s’est emparé de l’extrême droite espagnole, menant à commentaires racistes sur les réseaux sociaux, ou des déclarations hostiles de la part de politiciens.
Selon Europa press, plus de 260 communes ont officiellement autorisé des manifestations citoyennes ce 2 septembre où les manifestants se sont donnés rendez-vous à 20h00 (heure locale) dans la péninsule ibérique et les îles Baléares, et 19h00 dans les îles Canaries.
Les appels à rejoindre les manifestations ont été lancés dans des municipalités de communautés telles que l’Andalousie, l’Aragon, les Îles Baléares, les Îles Canaries, la Cantabrie, la Castille-La Manche, la Castille-et-León, la Catalogne, la Communauté valencienne, la Galice, La Rioja, Madrid, Murcie, la Navarre et le Pays basque, et aussi à Sebta.
Pour rappel, à la suite des événements de Sebta, des habitants de la ville se sont attaqués aux migrants installés sur la plage, ont notamment brûlé leurs effets personnels. Des heurts ont été enregistrés entre des groupes d’habitants, des migrants et des forces de sécurité, provoquant des réactions officielles en Espagne.
Des groupes d’habitants de Sebta avaient aussi bloqué la route à un convoi humanitaire de la Croix-Rouge, composé d’un camion et de trois fourgonnettes transportant de la nourriture pour les migrants.
Vendredi 28 août, le ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que « la violence n’est pas la solution ». Et d’ajouter: « J’appelle au calme et à la cessation de toute forme de violence, car (…) la violence n’est pas la solution pour résoudre un problème aussi complexe ».
Le président du gouvernement local, Juan Vivas (Parti populaire, droite), a rejeté « avec la plus grande fermeté » tout recours à la violence, déclarant que « nul ne peut ni ne doit se faire justice soi-même », tout en jugeant « légitimes » les manifestations exigeant le « retour à la normalité ». Grande-Marlaska a, lui, accusé la droite et l’extrême droite, qui exigent le renvoi de tous les migrants, « d’inciter à la haine ».
Human Rights Watch avait dénoncé quelques jours plus tôt la situation de ces migrants livrés à eux-mêmes, en parlant de milliers de personnes à la rue, sous des bâches et des cartons « dans un vide juridique ».
