Le Mouvement pour une démocratie paritaire a indiqué suivre « avec une profonde préoccupation et une vive indignation » le déroulement de période électorale avant le scrutin du 23 septembre 2026. Il dénonce entre autres des « pratiques susceptibles de porter atteinte au droit des femmes à une pleine et égale participation à la vie politique », et de « vider les principes d’égalité et de parité de leur substance constitutionnelle et démocratique ».
Le Mouvement affirmé avoir relevé « plusieurs indicateurs préoccupants », citant notamment la faible présence des femmes à la tête des listes dans les circonscriptions électorales locales, le rejet de certaines candidatures sur des listes conduites par des femmes, « ainsi que la multiplication des discours de diffamation, de dénigrement, de pression et de chantage, et des formes de violence numérique visant les candidates et les dirigeantes politiques ».
Dans un communiqué dont Hespress FR détient une copie, le Mouvement pour une démocratie paritaire rappelle être une coalition féministe et de défense des droits humains qui défend les droits de « toutes les femmes, sans sélectivité ni discrimination », en ajoutant qu’« il ne peut, en aucune circonstance, agir contre les intérêts d’une femme ni s’opposer à son droit de se porter candidate, de concourir et d’accéder aux postes de décision ».
Il tient à souligner que cet engagement de principe ne signifie pas une immunité, qu’il s’agisse de personnes, de leurs pratiques ou de décisions, ou qu’elles soient soustraites au contrôle et à la reddition de comptes au seul motif qu’elles émanent d’une femme ou concernent une candidature féminine. Le mouvement affirme que défendre les femmes n’est pas incompatible avec l’exigence du respect de la loi.
Le Mouvement estime que la controverse autour du maintien, de la modification ou de la suppression du mécanisme de la liste régionale ne doit pas occulter le véritable enjeu de la participation politique des femmes. La question centrale, serait plutôt de savoir si les partis politiques sont réellement disposés à présenter des femmes dans les circonscriptions locales, à des positions leur offrant de véritables chances de concourir et de remporter des sièges, ou s’ils continuent de limiter leur représentation aux mécanismes de promotion prévus par la loi, notamment les « sièges régionaux », selon l’organisation.
Il rappelle à ce titre que « les mesures positives ont été mises en place pour remédier à un déséquilibre historique et structurel de la représentation politique. Elles ne doivent pas devenir un espace de rente partisane ou de distribution de positions sur la base de l’argent, de la parenté, de l’influence ou de la loyauté ».
La participation politique des femmes, insiste le mouvement, n’est pas un privilège que les directions des partis accorderaient ou retireraient à leur gré. Elle n’est pas davantage un simple moyen d’habiller la scène électorale ou de satisfaire à des exigences formelles.
Le Mouvement a également mis garde contre « toute utilisation du discours de lutte contre la corruption ou de défense de la légalité et des procédures comme couverture pour exclure des femmes », soulignant en particulier des « dirigeantes engagées en faveur de l’égalité » sans les nommer, suggérant qu’il puisse s’agir de « règlement de comptes au sein des partis », ou pour « priver des candidates de leurs droits sans motivation juridique claire et sans leur garantir les droits de la défense, de recours et de réparation ».
Ainsi, l’organisation « demande aux autorités compétentes de fournir, dans les meilleurs délais, des explications claires et motivées concernant les cas de rejet ou de contestation de listes, notamment celles conduites par des femmes, et de rendre publics les fondements juridiques et factuels retenus, tout en garantissant l’application uniforme des règles à l’ensemble des candidates et candidats ».
Le communiqué poursuit que le mouvement « appelle au respect de la présomption d’innocence et au refus de transformer les soupçons en condamnations anticipées », tout en demandant l’ouverture des enquêtes nécessaires chaque fois que des indices sérieux laissent présumer l’existence de faits de corruption électorale, de trafic d’investitures ou d’abus d’influence, notamment à l’égard des femmes.
Il demande aux autorités et institutions compétentes en matière électorale « à assurer une protection effective des candidates contre la diffamation, le harcèlement, les menaces, le chantage, les pressions économiques, l’exclusion organisationnelle et les violences numériques », et la mise en place de mécanismes rapides et efficaces permettant de recevoir les plaintes des candidates, de les instruire et de statuer dans des délais compatibles avec la protection effective de leurs droits.
