La question des incendies récurrents en République démocratique du Congo continue d’inquiéter les populations et les autorités. Du Sud-Kivu à Kinshasa, les départs de feu se multiplient, causant des pertes humaines et matérielles considérables. Preuve de l’ampleur du phénomène, lors du Conseil des ministres du 11 septembre, le président de la République, Félix Tshisekedi, a attiré l’attention du Gouvernement sur la multiplication des incendies dans la capitale, appelant à une réponse urgente, coordonnée et durable.
Que se passe-t-il réellement ? Quelles sont les causes de ces incendies à répétition ? Comment mieux sensibiliser et protéger les populations ? Autant de questions qui demeurent au cœur des préoccupations.
Bukavu sous le choc après un nouveau drame
L’émotion reste vive à Bukavu. Les 27 écoliers victimes de l’incendie survenu le 10 septembre dernier ont été inhumés ce lundi, dans un climat de profonde tristesse.
Cette tragédie s’ajoute à une longue série d’incendies qui ont récemment frappé plusieurs quartiers de la ville. Ces sinistres ont causé d’importantes pertes humaines et matérielles, plongeant de nombreuses familles dans une situation de précarité encore plus grande.
Goma également confrontée à la multiplication des incendies
À quelques heures de bateau de Bukavu, la ville de Goma n’est pas épargnée par ce phénomène. Au cours de la semaine écoulée, des dizaines de maisons ont été détruites dans plusieurs quartiers de la capitale du Nord-Kivu. Si les causes exactes de ces incendies restent encore à déterminer, de nombreux observateurs évoquent la piste des accidents domestiques. Mauvaises installations électriques, utilisation de combustibles dangereux ou défauts de sécurité figurent parmi les hypothèses les plus souvent avancées.
Des réponses annoncées, mais un suivi souvent insuffisant
Après chaque catastrophe, les réactions ne tardent généralement pas. Les autorités annoncent des mesures et les populations expriment leur inquiétude. Pourtant, sur le terrain, les résultats peinent souvent à se concrétiser dans la durée. À Bukavu notamment, des outils de gestion des risques existent depuis plusieurs années. Les plans de contingence et les systèmes d’alerte identifient déjà les incendies parmi les menaces les plus récurrentes. Malgré cela, les drames continuent de se répéter.
Cette situation soulève une question essentielle : pourquoi les dispositifs de prévention n’arrivent-ils pas à réduire durablement le risque ?
Le défi de la prévention et de la sensibilisation
Pour les spécialistes de la gestion des risques, la prévention demeure la clé. La sensibilisation des populations aux gestes de sécurité, le contrôle des installations électriques, l’amélioration de l’urbanisme et le renforcement des capacités des services de secours constituent autant de pistes pour limiter les catastrophes. Mais ces efforts nécessitent une coordination efficace entre les autorités, les communautés locales et les acteurs de la protection civile.
L’expertise d’un spécialiste des risques urbains
Afin de mieux comprendre les causes de ces incendies à répétition et les solutions envisageables, nous avons interrogé Jean-Robert Nshokano Mweze, doctorant en géographie des risques et aménagement urbain à l’Université Paris 8. Son analyse permet d’éclairer les faiblesses actuelles des mécanismes de prévention et d’identifier les mesures susceptibles de renforcer la sécurité des populations face à ces catastrophes qui endeuillent régulièrement les villes congolaises.
Auteur: Wendy Bashi, Mitima Delachance, Zanem Nety Zaidi
