La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a annoncé samedi soir avoir intercepté un missile tiré par les Houthis du Yémen vers Ryad, attaquée pour la première fois depuis la reprise des hostilités entre le royaume et ces combattants pro-iraniens.
L’Arabie saoudite subit ces derniers jours des attaques croissantes des Houthis qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et qui combattent les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition menée par Ryad.
De fortes explosions ont retenti dans la capitale saoudienne dans la nuit, après des messages d’alerte envoyés aux habitants par les autorités, selon des journalistes de l’AFP.
Plusieurs heures plus tard, des habitants ont déclaré à l’AFP avoir entendu une nouvelle série d’explosions. « On a vu de la fumée noire et des flammes vers l’aéroport », a déclaré l’un d’eux.
En soirée, un porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, a déclaré sur X qu’un missile tiré pendant la nuit par ces combattants en direction de Ryad avait été intercepté et détruit.
Selon lui, les Houthis ont également tenté de cibler « des civils et des biens civils » dans plusieurs villes de l’ouest du royaume dont le port de Yanbu, sur la mer Rouge, depuis lequel Ryad exporte du pétrole. Il a affirmé que ces attaques avaient été « déjouées ».
Dans un communiqué publié sur Telegram, le porte-parole militaire des Houthis a indiqué qu’ils avaient mené deux attaques avec des missiles et des drones.
« La première a visé des sites sensibles à Ryad, et la seconde a visé des installations d’Aramco à Yanbu », a ajouté Yahya Saree.
Les frappes des Houthis contre le royaume avaient jusqu’ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge. Et la capitale n’avait pas été menacée depuis la reprise en juillet des hostilités avec les combattants pro-iraniens.
Ryad avait été en revanche frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne sur l’Iran qui avait riposté en lançant des attaques contre les pays du Golfe, alliés des Etats-Unis.
Les Houthis, qui ont lancé début septembre une vaste offensive au Yémen, contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb et provoquant de nouvelles craintes pour le transport maritime international.
Le passage, qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, a gagné en importance après le début de la guerre au Moyen-Orient, quand l’Iran a commencé à perturber fortement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique, faisant flamber les cours du pétrole.
Les Etats-Unis ont appelé samedi leurs ressortissants se trouvant au Moyen-Orient à la prudence en raison des attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite, avertissant que « ce conflit militaire a le potentiel de connaître une escalade rapide ».
