Le Niger et le clan Haftar, qui contrôle l’est de la Libye, ont signé un protocole d’accord pour renforcer leur coopération, a annoncé le Premier ministre nigérien dimanche en visite à Benghazi. Le Niger partage une frontière de plus de 340 km avec la Libye, pays divisé en deux exécutifs rivaux: l’un à Tripoli (ouest) dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, l’autre basé à Benghazi (est), contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et son clan. Cette visite marque un rapprochement avec Benghazi, même si le Niger entretient des relations avec les deux pouvoirs libyens.
Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a annoncé sur sa page Facebook avoir été reçu dimanche par le général Saddam Haftar, vice-commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL) et fils de Khalifa Haftar. Zeine s’est rendu à Benghazi avec plusieurs responsables politiques et militaires nigériens, notamment le général Amadou Ibro, chef d’état-major particulier du chef d’État du Niger Abdourahamane Tiani, ainsi que le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Abdourahmane Abou Zataka.
« Dans le cadre du renforcement de nos relations bilatérales et de l’élargissement de notre coopération dans divers domaines, nous avons procédé à la signature d’un protocole d’accord de coopération stratégique entre la Libye et la République du Niger», a-t-il écrit sur sa page Facebook, sans plus de précisions. Fin octobre, une Suissesse et une Autrichienne enlevées dans le nord du Niger et retenues en otage au Sahel pendant plus d’un an et demi par des terroristes du groupe État islamique ont été libérées grâce à une intervention de Benghazi. Le Niger entretient également des liens avec Tripoli.
Mi-juin, Ali Mahaman Lamine Zeine avait été reçu par Abdel Hamid Dbeibah, avec qui il s’était entretenu «sur les enjeux sécuritaires, économiques et régionaux», selon les médias officiels nigériens. Le long de la frontière entre la Libye et le Niger opèrent par ailleurs des groupes rebelles hostiles aux militaires arrivés au pouvoir à Niamey par un coup d’État en 2023, qui revendiquent soutenir le président renversé Mohamed Bazoum, toujours détenu par Niamey. Ces groupes ont mené des attaques contre l’armée nigérienne et un oléoduc géant transportant du pétrole brut nigérien jusqu’à un port du Bénin.
