L’engagement politique auprès du PASTEF n’a pas été sans conséquences professionnelles pour Salimata Dieng. L’adjointe au secrétaire général national de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS) et ancienne chargée de mission à la Présidence s’est souvenue des débuts difficiles de son militantisme lors d’un entretien spécial accordé à Seneweb.
Alors qu’elle était stagiaire à l’Agence nationale de la Couverture Maladie (CMU) en 2018, Salimata Dieng a rapidement senti un climat de méfiance envers ceux soupçonnés de sympathie pour le parti d’Ousmane Sonko.
Elle raconte comment une simple lecture a attiré l’attention de sa hiérarchie : « J’ai beau ne pas avoir affiché mon appartenance à PASTEF, en tant que stagiaire à l’Agence nationale de la Couverture Maladie, ça a fini par se savoir. » Alors qu’elle lisait le livre Solutions d’Ousmane Sonko, une discussion avec un autre stagiaire juriste a suffi pour alerter le directeur. « On a vite caché le livre », raconte-t-elle. « Un collègue m’a dit : “Si tu ramènes ce livre ici, le directeur n’hésitera pas à te renvoyer.” Mais j’étais prête à refaire le geste. »
Quelques années plus tard, la situation s’est aggravée. Alors qu’elle revenait pour un second stage et qu’un contrat de prestation lui avait été promis par le directeur, le destin a basculé.
Le jour où la liste du bureau exécutif national du PASTEF a été rendue publique avec son nom dessus, le directeur a coupé tout contact. « Il a cessé de répondre à mes appels, mes SMS, mes mails… », se souvient-elle, qualifiant cette coïncidence de « troublante ».
Malgré la perte de cette opportunité professionnelle, Salimata Dieng affirme ne rien regretter. « L’engagement, c’est aussi le courage d’assumer ses choix, même dans l’adversité », conclut-elle.
