
Le chroniqueur Abdou Nguer ne saura pas de sitôt le sort qui lui est réservé. Selon le journal L’As, bien que le délai d’instruction soit épuisé et les procédures clôturées depuis fin juillet, son dossier n’a toujours pas été enrôlé devant le tribunal correctionnel. Une situation qui alimente la colère et l’incompréhension de ses conseils. Ses avocats accusent le parquet de le maintenir artificiellement en prison.
Depuis son placement sous mandat de dépôt, Abdou Nguer n’a pas encore comparu devant un juge. «Seul le parquet sait pourquoi il n’a toujours pas enrôlé, d’autant plus qu’il a rejeté toutes nos demandes de liberté provisoire, y compris la mise sous résidence surveillée avec bracelet», a regretté Me Baba Diop dans les colonnes du journal L’As.
L’avocat dénonce ce qu’il considère comme un vide juridique permettant au parquet de faire traîner certains dossiers. «Dans ce cas, il est tout à fait possible de retarder l’enrôlement. Et souvent, les dossiers venant des cabinets d’instruction subissent le même sort», explique-t-il. Mais pour Me Diop, le retard dans le cas précis d’Abdou Nguer pourrait être volontaire, en raison de ses critiques répétées contre le pouvoir exécutif.
Toujours d’après L’As, l’avocat insiste sur le fait que la loi n’a prévu aucun délai obligatoire pour l’enrôlement des dossiers. «Après l’ordonnance de renvoi, c’est uniquement le parquet qui procède à l’enrôlement. Or, il s’est opposé à toutes les demandes de liberté provisoire, même sous bracelet électronique», déplore encore Me Diop.
