Le juriste Senghane Senghor dénonce avec fermeté les arrestations de journalistes et la coupure de signaux qui secouent le paysage médiatique sénégalais. Selon lui, ces actes portent un coup grave à la démocratie. « Si on affaiblit la presse, on affaiblit la démocratie », prévient-il. « Ce qui s’est passé est non seulement inacceptable, mais aussi surprenant. Nous ne nous attendions pas à voir ce régime en arriver à couper des signaux aussi tôt ».
Rappelant le rôle historique des médias dans la consolidation démocratique du Sénégal, Senghane Senghor plaide pour une autorégulation du secteur plutôt qu’une répression. « La presse a toujours joué un grand rôle dans le processus démocratique. Lorsqu’il y a des problèmes, il faut privilégier les mécanismes internes de régulation. Ce n’est pas normal qu’en 2025, des gendarmes envahissent une rédaction pour arrêter manu militari un journaliste », dit-il.
Revenant sur les arrestations de Maimouna Ndour Faye et de Babacar Fall, le juriste estime qu’elles traduisent une spirale répressive inquiétante. « L’arrestation de Babacar Fall n’est que la conséquence de celle de Maimouna Ndour Faye. Les conditions dans lesquelles le patron de 7TV a été arrêté ne peuvent qu’entraîner la même réaction envers Babacar Fall, qui a diffusé le même contenu le lendemain ».
Et de se demander : « Si tous les journalistes avaient diffusé l’entretien, allait-on arrêter tout le monde ? Et si les médias occidentaux l’avaient fait, que pourrait l’État sénégalais contre eux ?».
Par ailleurs, il souligne qu’à dix-huit mois des prochaines élections, Senghane Senghor appelle le pouvoir à la retenue. « Dans un contexte où le pays a besoin de résultats économiques, il faut savoir raison garder. Cette tension entre le pouvoir et la presse ne mène nulle part. Personne n’a jamais gagné contre la presse et le gouvernement est en train de prendre une mauvaise piste », conclut-il.
