Au Mali, la crise de carburant semble désormais porter un coup aux activités économiques. Les usagers peuvent passer des nuits entières devant les stations-services pour trouver du carburant. Quand ils en trouvent.
Les militaires continuent d’escorter les convois pour assurer l’approvisionnement des populations en carburant, mais les attaques des groupes djihadistes, qui ont imposé un blocus sur le carburant, se poursuivent.
« Nous sommes plus que résilients »
Dans une station de la rive droite du district de Bamako, les files d’attente s’étirent à perte de vue. Ici, ce sont les motocyclistes qui semblent les plus nombreux.
C’est le cas de Salif, un quinquagénaire, qui a passé plusieurs heures dans la file d’attente sans savoir s’il retournera chez lui avec de l’essence.
» Nous sommes là depuis trois heures du matin, nous sommes des chefs de famille avant tout. C’est aux autorités de trouver des solutions pour faire face à cette crise. Je crois qu’elles doivent faire preuve de discernement en ce moment, car nous souffrons vraiment » assure Salif.
Il précise que les autorités ont demandé aux Maliens « d’être résilients ». Mais « je crois sincèrement que nous sommes plus que résilients » estime le quinquagénaire.
Pour Ali, jeune commerçant, c’est le non-respect des consignes dans les files d’attente qui provoque le désordre.
« Nous n’arrivons plus à avoir le rang dans les files d’attente.Pendant ce temps, les tenants des stations-services font ce qu’ils veulent.C’est vraiment un casse-tête et c’est pareil dans toutes les stations. Nous faisons la queue parfois entre trois heures et quatre heures du matin. J’évolue dans le business de la livraison des téléphones portables et cela n’est pas possible sans carburant. Je n’ai rien mangé de la journée » raconte à la DW le jeune homme.
L’espoir d’une solution rapide
Fatou, mère au foyer, semble résignée face à la situation. Celle-ci apporte toutefois son soutien aux autorités, dans le cadre de la résolution de cette crise .
« Nous sommes là depuis six heures du matin. Mais finalement, nous n’avons rien obtenu » déplore Fatou qui précise toutefois qu’on leur a « donné rendez-vous pour demain à 9 heures ».
La mère de famille précise n’avoir « pas pris de petit-déjeuner, encore moins de déjeuner ».
Ce jeudi, 30 octobre, le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes a mis en circulation une trentaine de bus de voyageurs pour faciliter le déplacement des habitants dans le district de Bamako et ses environs.
Des stations-services ont été dédiées uniquement à l’armée et à la police, à Bamako, puis à Kati, d’autres aux transports en commun, ainsi qu’aux véhicules d’urgence.
Ces dernières heures, plusieurs centaines de camions-citernes sont arrivés à Bamako sous escorte de l’armée malienne.
Auteur: Mahamadou Kane
