En visite en Algérie, l’ancienne ministre française a indiqué qu’elle s’efforcera de « convaincre » le président Macron de restituer des biens culturels spoliés pendant la colonisation française. Elle doit aussi rendre visite au journaliste français emprisonné Christophe Gleizes.
« Je vais essayer de le convaincre de faire ce geste, parce que ce n’est pas seulement rendre des objets », a déclaré lors d’une conférence de presse à Alger Ségolène Royal, devenue en décembre présidente de l’Association France Algérie (AFA).
Selon l’ancienne candidate à la présidence française (en 2007), restituer à l’Algérie des biens comme l’épée et le burnous de l’émir Abdelkader, héros de la lutte anti-coloniale, des crânes de résistants et des archives, « c’est plus profond » et « c’est un signe de reconnaissance de ce qu’il s’est passé », de 132 ans de colonisation entre 1830 et 1962.
À ses yeux, « c’est le premier geste » que le président Macron « doit faire » et il « doit être fait d’État à État », a-t-elle souligné, estimant que « ça peut se faire en 24 heures, très rapidement ». « Une fois que la question de la reconnaissance et de la mise à plat mémorielle sera traitée, on tourne la page et on construit de nouveaux partenariats », a-t-elle estimé.
Ségolène Royal a « bien sûr » informé Emmanuel Macron de son voyage et souhaite « lui rendre compte à son retour » pour l’« aider avec les éléments » recueillis pendant son séjour « parce que c’est dans l’intérêt de la France ».
Visite prévue au journaliste Christophe Gleizes
Pour l’ancienne ministre socialiste qui veut favoriser « une dynamique d’apaisement et de réconciliation », bâtir une « nouvelle alliance » entre France et Algérie est « une obligation morale, politique, culturelle, artistique et économique », à l’égard des « 7 millions » d’Algériens, binationaux et personnes ayant des liens avec le pays.
Beaucoup, a-t-elle assuré, sont victimes d’« islamophobie, d’algérophobie », avec « des agressions verbales sans arrêt contre les Algériens » en France. Selon elle, la France a « la chance d’être encore aimée par les Algériens », malgré « tous les dégâts qu’on a faits dans ce pays » sous la colonisation et au moment de la sanglante guerre d’indépendance (1954-1962).
Elle a par ailleurs annoncé qu’elle rendrait visite au journaliste français Christophe Gleizes ce vendredi matin. Ségolène Royal a obtenu une « réponse positive » du ministre de la Justice algérien pour s’entretenir avec le reporter, détenu depuis juin 2025 et condamné en appel à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». La mère du journaliste a transmis une demande de grâce au président algérien Abdelmadjid Tebboune et Christophe Gleizes a par ailleurs formé un pourvoi en cassation pour obtenir un nouveau procès.
(Avec AFP)
