En visite en Algérie, le président nigérien doit évoquer des projets de coopération bilatérale, notamment dans le secteur des hydrocarbures. Si les tensions entre Alger et Bamako ne sont pas officiellement à l’ordre du jour, elles ne manqueront pas d’être dans tous les esprits.
Les ennemis de nos amis doivent-ils rester nos ennemis ou convient-il d’interférer pour qu’ils redeviennent les amis de nos amis ? Nombre d’observateurs analysent la visite à Alger du président nigérien sous le prisme des relations entre la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la République algérienne démocratique populaire. Depuis l’affaire de la destruction d’un drone malien, en avril 2025, et le refus de l’Algérie de comparaître devant la Cour internationale de justice (CIJ), Bamako voue Alger aux gémonies, obtenant la solidarité diplomatique de Niamey sur le contentieux bilatéral.
Que le général Abdourahamane Tiani se sente ou non investi d’une mission de représentation des intérêts maliens, son séjour à Alger commencé ce 15 février se veut avant tout dédié aux intérêts nationaux nigériens. La solennité de ce déplacement se mesure à l’importance de la délégation gouvernementale, qui comprend les ministres en charge de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Énergie, du Pétrole et des Infrastructures.
Diplomatie des hydrocarbures
Le communiqué officiel évoque un « renforcement du dialogue politique et de la coopération bilatérale » entre le Niger et l’Algérie. Selon des termes officiels, le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue nigérien auraient évoqué « les liens de fraternité (…) et de bon voisinage entre les deux pays frères, dans une nouvelle dynamique d’exploitation optimale de leurs potentialités et capacités, au profit des peuples algérien et nigérien », notamment dans le secteur des hydrocarbures. Les deux pays sont également liés par le projet de fibre optique, ainsi que par des programmes de formation et de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité du Niger.
Avant la visite de travail et d’amitié du chef de l’État nigérien, la reprise de fonctions quasi simultanée des ambassadeurs des deux pays avait commencé d’annoncer la normalisation des relations entre Niamey et Alger.
Soufflant actuellement le chaud sur ses relations diplomatiques refroidies, Alger accueille en même temps que le général Tiani, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur d’un pays que le Niger n’exclut pas d’affronter dans une guerre…
