La journaliste burundaise a été condamnée mercredi 14 janvier à quatre ans de prison ferme. Son avocat a dénoncé un processus « inique et erratique » et ses proches s’inquiètent pour sa santé.
Sandra Muhoza, qui travaille pour le média en ligne La Nova Burundi, avait comparu devant le tribunal de Ngozi (Nord) le 19 décembre dernier. Elle était alors apparue affaiblie, marchant à l’aide d’une béquille. Un proche a indiqué qu’elle souffrait d’une hernie discale.
« Ce tribunal a annoncé son verdict [mardi] et a notifié notre cliente cet après-midi à la prison de Ngozi où elle est détenue qu’elle a été condamnée à quatre ans de prison pour « atteinte à l’intégrité du territoire nationale » et « aversion raciale », a déclaré l’un de ses avocats. Ce dernier a indiqué qu’ils allaient faire appel et dénoncé un processus « inique et erratique ».
Une peine de douze ans de prison avait été requise par le ministère public. La journaliste a été condamnée pour des informations qu’elle avait partagées sur un groupe privé WhatsApp, selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a dénoncé dans un communiqué une « peine très sévère » et des « accusations forgées de toutes pièces ». Les accusations portaient, selon l’organisation, sur un message où elle « s’est fait l’écho d’une information relative à une distribution d’armes par le gouvernement ».
La condamnation de la journaliste « montre les intentions réelles des autorités judiciaires : continuer à considérer le journalisme comme un crime », a poursuivi RSF dans un communiqué, soulignant que Sandra Muhoza est la seule femme journaliste arbitrairement détenue en Afrique subsaharienne.
Les proches de la journaliste, qui n’ont pas voulu commenter la condamnation, ont assuré à la presse que les services pénitentiaires lui ont refusé d’accéder aux soins appropriés dans un hôpital.
La journaliste avait été condamnée par le tribunal de grande instance de Mukaza (Bujumbura) fin 2024 à un an et neuf mois de prison. Mais la cour d’appel de Bujumbura a ensuite annulé cette décision en mai 2025 et renvoyé l’affaire devant le tribunal de Ngozi, où l’infraction avait été prétendument commise.
(Avec AFP)
