Après des années d’attente, les peuples Guin d’Aného voient leur rite sacré du nouvel Epé Ekpé inscrits au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Une annonce qui a suscité joie et fierté dans la cité tricentenaire, comme l’exprime Alexis Aquereburu, maire de la Commune des Lacs 1.
« C’est un sentiment de très grande fierté. Cette reconnaissance arrive au bon moment. Elle consacre la valeur exceptionnelle de ce rite et son ancrage dans le temps. Mais elle contribue aussi au développement économique de notre ville. »
Alexis Aquereburu veut faire de la culture, l’un des axes de développement de la ville d’Aného, une ville tricentenaire. « C’est en développant la culture, qu’on développe l’écotourisme », a-t-il précisé.
Un rite majeur de la communauté guin
Epé Ekpé, encore appelé Ekpésoso, qui était cette année à sa 362e édition, est un rite majeur de la communauté guin. Il marque l’entrée dans la nouvelle année, à travers une série de cérémonies, dont le Sédodo, « des interdictions », ou encore le Situtu, « le rite de purification ».
« Nous avons treize mois de 28 jours, soit 364 jours dans l’année. À la fin du 13ᵉ mois, au seuil du Nouvel An, a lieu la prise de la pièce sacrée. C’est une pierre qui peut présenter différentes couleurs », a expliqué l’historien Félix Dossavi, spécialiste des traditions guin, en revenant sur le calendrier sacré.
Et c’est justement cette prise de la pierre sacrée qui constitue le moment le plus attendu, symbolisant le renouveau. Cette année, la pierre était de couleur blanche.
« C’était du blanc nacré, ou un blanc kaolin. La couleur blanche annonce une bonne année : pas de famine, pas d’incendies, pas de guerre… Rien de négatif. Mais pour cela, chacun doit prendre des mesures, c’est-à-dire, faire le bien », a rappelé Félix Dossavi.
Au-delà de sa dimension spirituelle, ce rite renforce la cohésion sociale. Mais avec la reconnaissance de l’Unesco viennent aussi des responsabilités : le Togo devra désormais mettre en place un plan de sauvegarde et assurer un suivi rigoureux pour préserver ce patrimoine et garantir sa transmission aux générations futures.
Quelques sites, rites ou spécialités inscrits sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2025 :
Le yodel, un chant vibrant des bergers des Alpes, devenu au fil du temps un symbole des traditions helvétiques.
Le caftan marocain, habit traditionnel d’apparat, prend la forme d’une tunique longue réalisée avec divers tissus et broderies. Les styles varient selon les régions. Dans son dossier de candidature, le Maroc mettait en avant le « savoir-faire des artisans et couturiers issu des cultures arabe, amazigh (berbère) et juive ».
Le koshary, spécialité égyptienne très populaire. Peu coûteux et nourrissant, il est composé de riz, lentilles, pâtes et oignons frits, agrémenté de sauce piquante, et se vend à tous les coins de rue dans le pays.
La fête indienne des lumières, Diwali, également connue sous le nom de Deepavali, est l’une des fêtes les plus importantes de l’hindouisme, mais aussi du sikhisme et du jaïnisme.
Le joropo du Venezuela, genre musical et danse traditionnelle typiques du pays. D’influences indigènes, africaines et européennes, ce style est né dans les Llanos, les vastes plaines du Venezuela et de la Colombie.
