Avec plus de 700 détenus, la Mac de Saint Louis la seconde prison la plus peuplée du Sénéga
La Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Saint-Louis, édifiée en 1863, fait face à une situation de surpopulation alarmante. Avec plus de 700 détenus, elle est aujourd’hui la seconde prison la plus peuplée du Sénégal, juste après celle de Rebeuss à Dakar. C’est ce qu’a révélé, vendredi, la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, lors d’une visite de travail dans la capitale du Nord.« La prison de Saint-Louis est celle qui compte le plus de détenus après Rebeuss, avec plus de 700 personnes en détention », a déclaré la ministre, au terme d’une tournée d’inspection destinée à évaluer les conditions de détention et à échanger avec les prisonniers. Accompagnée du gouverneur Al Hassan Sall et des autorités judiciaires régionales, Yassine Fall a entamé sa visite au Palais de justice de Saint-Louis, où elle s’est entretenue avec le parquet, les magistrats et le président de la Cour d’appel. Ces rencontres ont permis d’aborder les conditions de travail des personnels judiciaires ainsi que l’état des infrastructures pénitentiaires de la région.
Mais c’est surtout la situation à la MAC de Saint-Louis qui a retenu son attention. Dans cette prison datant du XIXe siècle, les cellules surchargées témoignent d’un manque criant d’espace et de moyens. La ministre a exprimé sa profonde préoccupation face à la promiscuité et aux conditions de vie des détenus. « Nous avons rencontré beaucoup de jeunes, des personnes âgées, et ce qui nous fend le cœur, c’est de voir des mineurs en détention », a confié Yassine Fall, émue par la réalité qu’elle a constatée sur place.
Malgré les difficultés, la Garde des Sceaux a tenu à féliciter le personnel pénitentiaire pour son engagement quotidien dans un contexte particulièrement contraignant.
Cette visite s’inscrit dans une démarche de réforme plus large, visant à désengorger les prisons sénégalaises et à améliorer les conditions de détention. À Saint-Louis, où l’établissement n’avait pas été conçu pour accueillir une telle population carcérale, la situation illustre l’urgence d’une réflexion nationale sur la politique pénitentiaire du pays.
