Ce déploiement immédiat qui s’inscrit dans le cadre du protocole de la Cédéao sur la démocratie et la bonne gouvernance, s’opère dans un contexte où la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest est régulièrement accusée de n’avoir pas agi assez vite par rapport à des situations précédentes de crises constitutionnelles.
Aujourd’hui, l’organisation régionale a besoin de montrer sa pertinence sur le plan politique et sur le plan des situations de changement non constitutionnel de pouvoir.
Nécessité politique
L’analyste conflits, spécialisé en terrorisme et contre-terrorisme, Claude Biao affirme qu’il y a une nécessité politique à activer ce mécanisme :
« Il y a un rôle de médiation. Donc un rôle plus politique. Ensuite, il y a un autre rôle qui est un peu plus coercitif. D’un point de vue réglementaire et d’un point de vue continental, la Cédéao est aussi l’instance politique et l’organisation régionale la plus à même à jouer un rôle de stabilisation politique à travers l’usage de la force, si cela est nécessaire avec la bénédiction de l’Union africaine et sur la base du principe de subsidiarité. »
Le coup d’état de trop
Le principe de subsidiarité prescrit justement que les communautés économiques régionales les plus proches des foyers de conflits sont les plus indiquées pour intervenir militairement, au besoin.
De ce point de vue, renchérit l’analyste politique Wendyam Lankoandé, elles ont la bénédiction de l’Union africaine et de la Cédéao pour intervenir.
»La décision de la Cédéao d’activer sa force en attente au Bénin est tout à fait conforme au mandat de l’organisation. Ce qui est peut-être aussi intéressant, c’est le fait que la Cédéao réactive la force avec effet immédiat. Je crois que d’une manière générale au niveau de la Cédéao, il y a consensus qu’il y a péril en la demeure. Et pour l’organisation, le coup d’Etat avorté au Bénin était un coup d’Etat de trop ».
La force en attente de la Cédéao comprend les troupes du Nigéria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Ces troupes ont été déployées pour soutenir le gouvernement du Bénin et préserver l’ordre constitutionnel.
