Des abus, dont des viols et des décapitations, sont imputés à Africa Corps, nouvelle unité militaire sous contrôle russe, qui a remplacé le groupe Wagner dans la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.
Plus de 3 300 personnes ont fui la violence dans le nord du Mali au cours du mois dernier pour se réfugier en Mauritanie, alors que les combattants du JNIM, liés à Al-Qaïda, imposent un blocus de carburant à travers le pays. Dans ce contexte dramatique, les réfugiés témoignent de violences graves attribuées à Africa Corps.
Les récits recueillis dans le camp décrivent des attaques meurtrières. Un chef de village malien, qui a souhaité garder l’anonymat, confie : « Ces gens ne discutent pas. Dès qu’ils rencontrent quelqu’un, ils le tuent. Que ce soit un berger, un passant ou quelqu’un qui cherche simplement à manger. »
Sukru Cansizoglu, représentant du HCR en Mauritanie, confirme l’ampleur de la crise : « De nombreux crimes sont commis au Mali, notamment des violations des droits humains. Beaucoup de gens sont violés, attaqués ou tués. Nous avons constaté que des familles ont été séparées. La situation n’a pas évolué. Il est parfois difficile d’identifier avec précision les auteurs de ces crimes. »
Depuis le début des conflits, tant Wagner que l’armée malienne ont été accusés de crimes de guerre, incluant massacres et viols. La violence a provoqué la mort de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres, faisant du Sahel l’un des foyers de conflit les plus meurtriers au monde.
