Dialogue social : le comité de suivi des accords se penche sur le passif entre l’État et le G7 des enseignants
Dialogue social : le comité de suivi des accords se penche sur le passif entre l’État et le G7 des enseignants
Une réunion du Comité de suivi des accords s’est tenue entre le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, conduit par le ministre Olivier Boucal, et les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 pour évaluer l’état de mise en œuvre des accordssignés. La rencontre était consacrée à l’évaluation de l’état de mise en œuvre des accords signés entre le Gouvernement du Sénégal et les partenaires sociaux du secteur de l’éducation.
D’emblée, le ministre de la Fonction publique a rappelé la signature du Pacte de stabilité, qui, selon lui, intègre l’ensemble des préoccupations des travailleurs. Il a toutefois exprimé son incompréhension face à la démarche actuelle du G7, estimant que le cadre du dialogue social demeure la voie privilégiée pour la résolution des différends.
Abordant la question du passif des accords, le Directeur général de la Fonction publique (DGFP) a proposé l’organisation d’une réunion interministérielle avec le G7 afin d’évaluer l’ensemble des protocoles signés. Sur les lenteurs administratives, il a annoncé des mesures d’assouplissement, notamment à travers la multiplication des guichets uniques en 2025 et les avancées de la digitalisation. Il a également souligné l’importance de l’interconnexion entre les plateformes du ministère de l’Éducation nationale (MEN) et du ministère de la Fonction publique, dont la phase test de transmission numérisée des dossiers est en cours.
De son côté, le Directeur de la Solde a rejeté l’existence d’iniquités salariales défavorables aux enseignants, tout en annonçant une étude sur le système de rémunération, attendue pour la fin du premier semestre 2026 dans le cadre du Pacte de stabilité. Il a aussi rappelé la baisse du taux d’imposition sur les rappels, passé de 50 % à une fourchette comprise entre 18 % et 33 %, proposant par ailleurs une rencontre sectorielle pour clarifier les modalités de calcul.
La question du logement des enseignants a également été évoquée par le Directeur de la Monnaie et du Crédit, qui a relevé les difficultés liées à l’absence de titres fonciers au nom de certains bénéficiaires. À cet effet, il a annoncé la validation de la libération des fonds pour 127 bénéficiaires en 2025, alors que plus de 13 300 nouvelles demandes ont été enregistrées.
Au niveau du ministère de la Formation professionnelle et technique, le DRH a fait état du paiement effectif des indemnités d’examens et annoncé une étude en cours sur le reversement des METP dans le corps des PCEM. Pour le compte du MEN, plusieurs avancées ont été signalées, notamment la consolidation du dialogue social, l’enrôlement de 7 000 enseignants dans la formation diplômante cette année, l’adoption prochaine d’un arrêté sur la gestion démocratique du personnel, ainsi que la dotation future en budgets de fonctionnement des écoles élémentaires.
Malgré ces annonces, les secrétaires généraux du G7 ont exprimé leur insatisfaction, revenant longuement sur le passif social. Ils ont notamment dénoncé l’inertie du COMSA2, les retards liés au statut des décisionnaires, les surimpositions sur les rappels, les disparités salariales, les lenteurs administratives, les difficultés liées à l’habitat social et au prêt au logement, ainsi que le retard de paiement de plusieurs indemnités.
En réponse, le ministère de l’Éducation nationale a appelé à la primauté d’un dialogue social pérenne, tout en s’engageant sur la disponibilité prochaine de certains décrets attendus, la relance des projets de cités d’enseignants et la poursuite des négociations sur la base du procès-verbal officiel de la rencontre, considéré comme une feuille de route.
Clôturant les échanges, le ministre de la Fonction publique a salué les progrès enregistrés dans la digitalisation des procédures, notamment l’interconnexion des plateformes Mirador et Girafe 2, la digitalisation de 24 procédures en 2025 et la mise en place prochaine de la plateforme E-carrière. Il a également rappelé les orientations du Président de la République relatives à la refonte du système de rémunération et à la réforme des retraites.
Plusieurs perspectives ont été arrêtées, dont la tenue de rencontres techniques en février avec le G7, l’adoption d’un calendrier de réunions bimensuelles avec les directions concernées et l’organisation trimestrielle des réunions du Comité de suivi des accords, dans l’optique de consolider le dialogue social et de résorber durablement le passif.
