Le porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République (APR, opposition), Pape Mahawa Diouf, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, à la suite de déclarations faites lors de l’émission « Faram Facce » diffusée le 17 septembre 2025 sur la Télévision futurs médias (TFM).
Le responsable politique avait évoqué un « scandale à l’Aser portant sur 37 milliards sourcés, tracés et détournés ». À l’audience, la vidéo a été projetée, mais le prévenu a contesté les faits, affirmant qu’il n’a pas dit « détournement ».
« Je n’ai jamais parlé de détournement de deniers publics à l’Aser. J’ai simplement dit que le scandale devait être clarifié », a-t-il soutenu. Pape Mahawa Diouf précise s’être basé sur les déclarations du député Thierno Alassane Sall et sur « des coupures de presse ».
Le représentant de l’Aser, Mbaye Diouf, conseiller technique du directeur général, a rejeté ces arguments. Il a affirmé que Thierno Alassane Sall n’a jamais parlé de détournement, ajoutant que l’Aser allait porter plainte s’il l’avait fait.
Des propos appuyés par Ousmane Dièye, directeur de la communication de l’agence : « Le détournement dont il parle, il est le seul à en connaître le secret. »
La défense, assurée par Maitres El Hadj Diouf et Oumar Youm, a demandé la projection d’un extrait de l’émission « Diano-bi » sur Sud FM, dans laquelle le prévenu aurait précisé sa pensée.
Interpellé par le juge sur d’éventuels regrets, Pape Mahawa Diouf a déclaré : « Je n’ai pas le sentiment d’avoir fauté. Je n’ai jamais accusé le directeur de l’Aser. Si mes propos ont pu heurter, je les retire, mais je ne les regrette pas. »
L’Aser réclame 200 millions F CFA en réparation
Les avocats de l’Aser, Ousseynou Gaye et Khadim Kébé, ont dénoncé l’attitude du prévenu, qu’ils accusent de narguer le tribunal. « L’Aser a été victime de ces fausses nouvelles. Il a joué sur les mots sans faire amende honorable », a estimé Maitre Khadim Kébé, qui a réclamé 200 millions F CFA à titre de réparation. Son confrère Ousseynou Gaye dira que le prévenu a fait un détournement de vérité.
Le procureur de la République a requis une peine de six mois, dont trois mois ferme, assortie d’une amende de 300 000 F CFA. La défense plaide en ce moment pour sa relaxe pure et simple.
