Drame à l’UCAD : La Fédération des étudiants du Sénégal hausse le ton et menace de paralyser le système éducatif

La tension reste vive à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) après les événements tragiques survenus lundi dernier, qui ont coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba et fait plusieurs blessés. Face à la presse , la Fédération des étudiants du Sénégal s’est montrée particulièrement remontée, rejetant catégoriquement la version livrée par le parquet.
Dans une déclaration ferme, les responsables estudiantins ont exigé, « de prime abord », la libération immédiate et sans conditions de trois de leurs camarades actuellement en garde à vue. Selon eux, ces arrestations sont « arbitraires » et s’inscrivent dans une volonté d’intimidation du mouvement étudiant.
« Une version officielle contestée »
Les étudiants ont balayé d’un revers de main les conclusions avancées par les autorités judiciaires, estimant que celles-ci « ne reflètent ni la réalité des faits ni la gravité des violences subies ». Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de tentative de dédouanement des forces de l’ordre et réclament l’ouverture d’une enquête indépendante afin de situer toutes les responsabilités.
« Nous ne pouvons accepter qu’on travestisse la vérité alors qu’un de nos camarades a perdu la vie et que plusieurs autres sont encore hospitalisés », a déclaré un porte-parole de la Fédération.
Interpellation directe du chef de l’État
Les étudiants ont également pointé du doigt le silence du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qu’ils accusent de passivité face à la gravité de la situation. Ils l’invitent à « prendre ses responsabilités en tant que garant des institutions et protecteur des citoyens ».
« Nous sommes ouverts au dialogue, mais seulement avec le président de la République, afin qu’il préserve nos acquis et entende nos revendications », ont-ils martelé.
Menace de paralysie du système éducatif
En attendant une réponse concrète des autorités, la Fédération des étudiants du Sénégal brandit la menace d’une paralysie généralisée du système éducatif. Les étudiants annoncent qu’ils ne comptent pas retourner dans les amphithéâtres et envisagent d’étendre leur mouvement aux établissements primaires, moyens et secondaires.« Nous allons descendre dans les écoles à travers tout le pays pour perturber les cours jusqu’à la satisfaction totale de nos doléances », ont-ils averti, appelant à la mobilisation nationale.
Alors que l’émotion demeure vive sur le campus de l’UCAD, cette nouvelle escalade verbale laisse présager des jours difficiles pour le système éducatif sénégalais, déjà fragilisé par des crises récurrentes. Les regards sont désormais tournés vers le palais présidentiel, dans l’attente d’une éventuelle réaction du chef de l’État.
