DRAME À L’UCAD: Thierno Alassane Sall dénonce une « répression innommable »
Dans une déclaration d’une rare gravité, Thierno Alassane Sall a vivement condamné les violences survenues dans les résidences universitaires, évoquant des étudiants « éborgnés », d’autres ayant perdu la vie, et certains contraints de se jeter du quatrième étage pour échapper à un incendie et à la peur.« Vous imaginez, au Sénégal, au XXIe siècle, des étudiants réduits à se jeter du quatrième étage pour échapper à un incendie », a-t-il lancé, dénonçant à la fois la vétusté des infrastructures et un climat de terreur.
Selon lui, ces scènes traduisent « ce que disent nos structures et les normes de sécurité de nos pavillons universitaires », mais aussi la crainte d’une répression jugée excessive.« Ils auraient pu sortir par les portes, mais ils sentaient sans doute qu’ils rencontreraient dans les escaliers quelque chose de plus affreux que le feu », a-t-il affirmé.
Thierno Alassane Sall s’en est également pris au ministre de l’Intérieur, lui reprochant de condamner la violence « sans jamais la nommer », ni désigner clairement ses responsables.« Cette violence a ému tout le peuple », a-t-il insisté.
Il a notamment évoqué la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant de 20 ans en deuxième année de médecine, qu’il décrit comme « le prototype du jeune Sénégalais brillant », espoir de sa famille.« Chaque Sénégalais se voit comme parent, oncle, mère d’Abdoulaye Ba », a-t-il déclaré, soulignant le parcours honorable du jeune homme et son attachement à sa mère.
Dans un passage particulièrement politique, Thierno Alassane Sall s’interroge sur la portée symbolique de ce décès :« N’est-il pas tragique mais révélateur qu’Abdoulaye Ba soit l’une des premières victimes du système PASTEF ? »
Il affirme que, sans la présence massive et prolongée des forces de sécurité sur le campus, le drame ne se serait pas produit. Il conteste également les déclarations officielles évoquant un projet de sabotage des installations universitaires par les étudiants.« Nous avons vu une partie des forces de défense saboter les résidences, défoncer les portes, entrer dans les chambres et tirer à bout portant », a-t-il accusé.
En attendant, Thierno Alassane Sall appelle à la manifestation de la vérité sur les circonstances exactes des décès et blessures, et à une refonte des normes de sécurité et des pratiques de maintien de l’ordre dans les espaces universitaires.
