Un chef d’État africain aurait contacté son homologue français après avoir vu une vidéo annonçant qu’un coup d’État était en cours en France. Ladite vidéo était, en réalité, un produit de l’intelligence artificielle.
Micro à la main, devant des lecteurs marseillais du quotidien La Provence, le président français raconte avoir reçu le 15 décembre, par le biais de Facebook, le message suivant, venu « de l’étranger ». « Il émane de l’un de mes collègues africains, pour tout vous dire. » Son contenu ? « Cher président, que se passe-t-il chez vous ? Je suis très inquiet ».
Putschs d’Alger
Ce dirigeant alarmé venait de voir, sur une vidéo, une journaliste, campée près de l’Élysée, affirmer : « À l’heure actuelle, des informations non officielles évoquent un coup d’État en France, dirigé par un colonel dont l’identité n’a pas été révélée, et la possible chute du président Emmanuel Macron ». Le chef d’État africain est manifestement tombé dans le panneau d’une « info » générée par l’IA. Et cette fake news cumule 13 millions de vues…
En 2017, trois membres des Barjols, un groupuscule issu de l’extrême droite identitaire, ont été condamnés pour « association de malfaiteurs terroriste » après avoir envisagé de s’en prendre à Emmanuel Macron, tout juste élu président. Régulièrement, des internautes rêvent plus ou moins explicitement que le général Pierre de Villiers s’empare du pouvoir. Cet ancien chef d’état-major des armées, qui avait démissionné à la suite d’un désaccord public avec Emmanuel Macron, est en effet devenu très populaire.
Pharos versus Facebook
En évoquant, à Marseille, les rumeurs de putsch, le chef de l’État français a alerté sur le danger que représentent les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Des infox conçues par une IA de plus en plus performante, avec des voix moins robotisées et des décors plus crédibles. Moscou est régulièrement accusé – y compris dans d’autres pays occidentaux – d’être à l’origine d’une kyrielle de contenus mensongers.
Emmanuel Macron affirme ne pas être parvenu à faire retirer d’internet la vidéo sur le putsch bidon. La plateforme gouvernementale française Pharos aurait contacté Facebook, qui aurait répondu que celle-ci ne contrevenait pas à ses règles d’utilisation. « Je suis pour un débat ouvert, a conclu Macron, mais ces gens-là se moquent de nous. »
