Le 3 mars, un éboulement dans la grande mine de coltan de Rubaya, dans l’est de la RDC, a tué des mineurs artisanaux. Le site, contrôlé par le M23, est stratégique pour l’approvisionnement mondial, au cœur des tensions ravivées par la politique de Donald Trump sur les minerais critiques.
Le 3 mars, des mineurs artisanaux sont morts dans un éboulement survenu à Rubaya, dans la plus grande mine de coltan de RDC, sous contrôle du groupe armé M23, selon des témoins qui racontent que l’accident s’est produit en fin de journée dans la « carrière de Gasasa », un puits minier du site de Rubaya, qui s’étend sur plusieurs dizaines de km2 et se situe à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.
Dans ce site où travaillent essentiellement des mineurs artisanaux dans des conditions précaires, le M23 tire d’importants revenus grâce à une taxe prélevée sur la production et le commerce des minerais, selon des experts de l’ONU.
Depuis sa résurgence fin 2021, le M23 (pour « Mouvement du 23 mars »), avec le soutien de Kigali et de l’armée rwandaise, s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’est de la RDC, riche en ressources naturelles et ravagé par des conflits depuis trois décennies.
60 % des réserves mondiales
La cité minière de Rubaya, qui fournit entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan, est tombée aux mains du M23 en avril 2024. Ce minerai stratégique pour l’industrie électronique est largement présent en RDC, qui concentrerait au moins 60 % des réserves mondiales.
Début février, un éboulement dans cet important site minier avait fait plusieurs morts selon un responsable du M23, tandis que Kinshasa avait dit craindre un bilan d’ »au moins 200 morts ».
Ces derniers jours, les combats ont fait rage dans cette zone où les forces gouvernementales ont mené des attaques contre le groupe rebelle. À proximité de Rubaya, des combattants du M23 ont été touchés le 24 février par une frappe de drone qui a tué le porte-parole militaire du mouvement, Willy Ngoma.
(Avec AFP)
