Le Burkina Faso, dans sa montée en puissance militaire, pourrait s’être offert un Krasukha-4. Ce système russe de guerre électronique est capable de plonger satellites et avions militaires les plus performants dans le noir complet. Le cas de l’avion nigérian qui s’est posé en catastrophe à l’aéroport de Bobo-Dioulasso interroge sur la puissance militaire burkinabè.
Nous sommes le 8 décembre 2025 lorsqu’un avion nigérian, un C-130 de son armée de l’air, fait un atterrissage d’urgence à la base de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. C’est le début d’une tension régionale qui sera rapidement éteinte par le Nigeria. Cela, bien malgré les commentaires les plus enflammés de certains analystes de l’information africaine.
Alors que ces individus évoquaient une puissance militaire incontestable du Nigeria dans la région, selon eux, cela pourrait permettre à Abuja de ne faire qu’une bouchée de l’armée burkinabè. Cependant, le Nigeria a présenté ses plates excuses publiques exigées par Ouaga avant de récupérer son appareil et ses occupants. De ce fait, une réalité nouvelle venait d’apparaître, celle qu’on n’a pas objectivement évalué la puissance militaire réelle des pays de l’AES : Burkina Faso, Mali et Niger.
Le Krasukha-4 dans l’AES ?
Dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel, et sur la base de l’expérimentation des différentes armes utilisées dans cette région, le Burkina Faso a sûrement acquis le Krasukha-4. Celui-ci a pu être utilisé sur le C-130 du Nigeria qui volait à basse altitude, transpondeur éteint, pour empêcher son identification. Nous sommes alors la veille d’un acte héroïque du Nigeria, qui venait d’empêcher un coup d’État au Bénin et qui bandait les muscles dans sa pourchasse des mutins en fuite. De plus, certaines rumeurs envoyaient ces putschistes vers le Burkina Faso ou le Niger.
Les discours volontairement guerriers d’Ibrahim Traoré contre la Côte d’Ivoire et tous les pays qui tenteraient, selon lui, de le déstabiliser, interpellent sur la puissance militaire sûrement non entièrement dévoilée du Burkina Faso.
Il ne cache pas sa connaissance millimétrée des manœuvres en cours dans certains pays de la sous-région. Le dernier cas en date : le Togo où était réfugié Damiba. L’ancien Président préparait un renversement des autorités du Burkina Faso depuis ce pays d’asile. D’ailleurs, la force des preuves versées au dossier par Ouaga a contraint le Togo à procéder à son extradition vers son pays.
Les capacités de Krasukha-4
Outre les performants systèmes de surveillance qui permettent aux pays de l’AES d’avoir un coup d’avance sur leurs ennemis, ils disposent aussi d’équipements de guerre électronique russes assez avancés comme le Krasukha-4. Ce système qui a pour nom de code OTAN est fabriqué par KRET. En effet, c’est une vraie merveille de technologie militaire.
Le Krasukha-4 est capable de brouiller des radars aéroportés : les AWACS, drones et avions de reconnaissance. Il peut neutraliser les systèmes ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) et perturber n’importe quel satellite et radar.
La particularité de Krasukha-4 est qu’il est mobile. Il peut être monté sur le châssis d’un camion 8×8. Cela lui permet d’accroître sa portée initiale comprise entre 150 et 300 km. Par ailleurs, le Krasukha-4 utilisé en Syrie et en Ukraine est aujourd’hui une des armes stratégiques de l’Iran, qui se prépare à en découdre avec les États-Unis. C’est ce type de système qui est capable de plonger dans le noir le C-130 du Nigéria.
