Vingt pays africains sont désormais touchés par les fortes restrictions dans les démarches d’obtention de visas américains. Ils sont répartis sur deux listes, dont l’une proscrit l’accès au sol des États-Unis, sauf dérogation.
Avec le recul, le mandat du 45e président des États-Unis d’Amérique semble avoir été un échauffement avant celui du 47e. Selon la formule ouest-africaine, la bouche de Donald Trump « ne porte plus de caleçon » et les actes hostiles suivent les mots outranciers. Plus le chef d’État américain se croit légitime à intervenir à l’étranger – du Venezuela au Groenland –, moins il souhaite voir les ressortissants de nombreuses nations fouler le sol de son propre pays. Et l’Afrique est toujours davantage dans le collimateur de la politique migratoire de Washington.
C’est ainsi que les États-Unis viennent d’ajouter cinq États africains sur la liste des pays visés par des mesures limitant l’entrée de leurs nationaux sur le sol américain. À la suite d’une récente décision du département d’État américain, les candidats botswanais, centrafricains, guinéens, bissau-guinéens et namibiens au voyage devront désormais composer avec de nouvelles restrictions dans la quête de visas US.
Listes « rouge » et « orange »
La procédure n’est pas nouvelle, puisque les États-Unis avaient déjà inscrit quinze pays africains sur cette liste des indésirables, comme récemment les pays sahéliens qui n’ont pas manqué de prendre des mesures de réciprocité. Les arguments, eux non plus, ne sont pas inédits. Il est question de préoccupations américaines liées à la sécurité, à la coopération administrative et au respect des procédures migratoires, notamment en matière de délivrance de documents d’identité et de réadmission éventuelle des ressortissants qui seraient en situation irrégulière.
Les vingt pays africains ciblés sont en réalité répartis sur deux listes de restriction. Douze d’entre eux subissent une batterie de mesures qui constituent un tamis quasiment infranchissable. Sauf dérogation exceptionnelle accordée au cas par cas, leurs ressortissants sont interdits d’accès au territoire des États-Unis. Cette liste rouge prévoit qu’un visa ne sera accordé que si « le secrétaire d’État américain à la Sécurité estime qu’un déplacement professionnel sert les intérêts des États-Unis ».
Procédure à rallonge
Pour les autres, l’obtention d’un sésame relève du parcours du combattant. En sus d’une caution dont le montant varie entre 5 000 et 15 000 dollars, les candidats à la villégiature américaine doivent subir des entretiens, en personne, avec des fonctionnaires de l’administration américaine, mais aussi accepter de dévoiler leur passé plus ou moins récent. Le département d’État traque « toute indication d’hostilité envers les principes fondateurs des États-Unis et toutes menaces à la sécurité intérieure », notamment en épluchant des années d’historiques des réseaux sociaux et des comptes rendus détaillés des anciens voyages.
Les Africains les plus inquiétés par le durcissement de la politique migratoire américaine sont les universitaires, les étudiants, les hommes d’affaires et certains responsables d’institutions.
