Deux épidémies, zéro panique.
La Fièvre de la Vallée du Rift et la Mpox rôdent, mais le pays continue de vaquer à ses occupations, comme si de rien n’était. Les affiches sont sages, et les alertes trop tièdes. Et c’est bien là le problème. Le Ministère de la Santé parle à la raison, alors qu’il devrait parler à la peur. Parce qu’à Sénégal Ndiaye, rien ne bouge sans émotion. Tant qu’il n’y a pas d’images choquantes, qu’on ne sent pas le danger à la porte, on se croit toujours à l’abri. « Évitez le contact avec les animaux infectés », « Lavez-vous les mains »… Mais qui écoute encore les consignes qui ne font pas trembler ? Le bon sens n’a jamais suffi à sauver une population. Ce qui protège, ici, c’est la peur bien dosée, celle qui vous fait réfléchir avant d’acheter de la viande posée sur une bâche pleine de mouches.
Le ministère a choisi la pédagogie pour faire sa conférence presse qui a eu bien du mal à se retrouver à la une des médias tellement elle était froide. Il aurait dû choisir l’électrochoc. Qu’on nous montre les conséquences, qu’on nous dise ce que c’est vraiment qu’une fièvre qui dévore le corps, ou une éruption qui vous isole du monde. Pas pour le spectacle, mais pour la survie. C’est triste à dire, mais au Sénégal, la peur est le seul message sanitaire qui passe. Alors, Ministère de la Santé, oubliez la diplomatie des communiqués et faites-nous peur. Parce qu’à force de vouloir ménager les esprits, vous finirez par enterrer des corps. Faites donc cela, et vous verrez qu’en une semaine, cette histoire appartiendra au passé. Oups… surveillez les frontières également.
Ne me remerciez pas.
