Le programme de l’OIM prend en charge le retour ‘’ volontaire’’ des migrants et promet une aide de suivi. Ce que contestent certains migrants. En Guinée, plusieurs jeunes candidats au départ vers l’Europe rebroussent chemin à mi-parcours en raison de divers écueils.
Kabinet Kante rêvait de devenir footballeur et avait jeté son dévolu sur l’Europe. Mais il ne parviendra pas atteindre sa terre promise. Son voyage périlleux s’est arrêté en Tunisie.
En juillet, désespéré et à court d’options, Kante a été renvoyé dans son pays dans le cadre du programme de retour volontaire de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies. Avec une promesse d’aide reste lettre morte. Il s’est rendu au bureau de l’OIM en Guinée pour leur expliquer la situation, et ils l’ont mis en contact téléphonique avec l’agent de liaison. »Je lui ai parlé. Il m’a dit de ne plus l’appeler comme ça, et qu’il m’appellerait. Depuis ce moment-là, il ne m’a toujours pas appelé. »; explique le jeune rapatrié.
Oumar Bella Diallo, 24 ans, a fait un voyage similaire à travers le désert du Sahara. Il s’est retrouvé en Algérie, où un homme du coin l’a frappé, lui cassant un doigt et la jambe gauche. Sans papiers d’identité algériens, il n’a pas pu être soigné dans les hôpitaux locaux, qui, selon lui, l’ont renvoyé. Sa jambe n’a pas guéri correctement et lui cause encore de vives douleurs. Derrière ce risque se trouve la quête d’une vie meilleure ailleurs.
» Si vous voyez ici des jeunes conduire des motos-taxis, des diplômés universitaires, des diplômés universitaires qui conduisent des motos-taxis ! C’est parce que s’il y avait, comment dire, des opportunités d’emploi dans le pays, tout le monde le ferait. », explique-t-il.
Le programme de l’OIM, financé par l’Union européenne, prend en charge le retour ‘’ volontaire’’ des migrants et promet une aide de suivi. L’Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière tente aussi de dissuader les candidats à l’immigration clandestine.
»Nous ne les aidons pas pour qu’ils puissent rester. Nous les aidons pour qu’ils puissent reprendre le contrôle de leur vie. La question du voyage, de la migration, est une chose naturelle. Bloquer une personne, c’est comme bloquer la marée. Quand on bloque l’eau, l’eau trouve son chemin. », raconte Elhadj Mohamed Diallo, directeur de l’Organisation.
Plusieurs jeunes candidats au départ vers l’Europe rebroussent chemin à mi-parcours en raison de divers écueils dont l’insécurité dans les pays de transit Nombre d’entre eux décident souvent de retenter leur chance.
» Oui, ils expriment leur volonté d’être renvoyés dans un pays où ils pourraient être moins victimes de discrimination, moins exposés aux violations des droits humains et avoir davantage d’opportunités. Mais est-ce volontaire ? Est-ce ce qu’ils avaient en tête il y a deux ans ? Cela fait-il partie de leur projet ? Donc, en ce qui concerne l’aspect volontaire, les gens ont été poussés d’une manière ou d’une autre à vouloir rentrer, parce qu’ils sont désespérés’’ , souligne Aurelia Donnard, responsable du Centre mixte sur les migrations en Afrique de l’Ouest et du Nord.
Depuis le début de cette année 2025, plus de 700 personnes ont trouvé la mort en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe.
