En Guinée, la Cour suprême a confirmé, ce dimanche (04.01.2025), la victoire, dès le premier tour, du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle du 28 décembre.
Le nouveau président élu a appelé, dimanche soir, à « bâtir une Guinée de souveraineté politique et économique ».
Aïssatou Kanté, chercheuse à l’Institut d’études de sécurité, basé à Dakar, revient sur les chantiers qui attendent le nouveau chef de l’État guinéen.
Aïssatou Kanté: D’abord sur le plan socio-économique. Le nouveau régime devra faire face aux revendications syndicales des enseignants, trouver une solution au manque de liquidités, au manque sporadique de carburant.
Il devra également assurer une gestion idoine du projet Simandou, qui suscite beaucoup d’attentes, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de l’accès à la santé et à l’énergie.
Certains de ces chantiers ont déjà été entamés durant la transition, mais des efforts supplémentaires dans ces domaines devraient être encouragés afin de soutenir le développement du pays.
DW: Au sujet du projet Simandou, le méga projet minier d’exploitation de fer de Guinée, pensez-vous franchement qu’il va bénéficier aux Guinéens?
Aïssatou Kanté: Tout dépendra de la gestion idoine du projet Simandou, qui se trouvait déjà au cœur du programme du candidat Doumbouya et qui constitue indéniablement une initiative prometteuse.
Le projet devrait générer plusieurs centaines de millions de dollars par an. Donner un coup de fouet significatif au PIB du pays. C’est un projet qui suscite beaucoup d’espoir au sein de la population. Mais il existe également des inquiétudes quant au fait que les revenus générés pourraient ne pas être gérés correctement ou utilisés pour développer le capital humain.
J’ajoute que les autorités prévoient de mettre en place un fonds souverain afin de garantir une gestion durable de ces ressources. Donc, on verra ce que cela va donner.
DW: Juste après l’annonce de la confirmation de sa victoire par la Cour suprême, le général Mamadi Doumbouya a appelé à l’unité desGuinéennes et des Guinéens. Pourtant, plusieurs figures de l’opposition et de la société civile sont toujours en exil.
Aïssatou Kanté: Il me semble que la réconciliation nationale est également un chantier majeur.
Et cela passe par la nécessité de favoriser un cadre démocratique. On a eu le sentiment très prégnant durant la transition, que le processus n’a pas été conduit de façon inclusive.
Donc, il serait important que le nouveau président élu assure une ouverture de l’espace civique, qui est également une réouverture de l’espace démocratique. Je pense que c’est très important pour favoriser une réconciliation nationale.
