Le juge Ricardo Gonçalves était à Abuja pour se plaindre de la mauvaise exécution, par les pays membres, des jugements de l’organe judiciaire de l’organisation sous-régionale. Il a fustigé un manque de volonté politique.
Comme pour donner un exemple concret de la non-exécution de plusieurs arrêts de la Cour par les États membres, le juge Ricardo Gonçalves a profité d’une visite de courtoisie à Abuja pour livrer une inquiétante statistique à la présidente de la Cour suprême du Nigeria, la juge Kudirat Kekere-Ekun. Moteur de l’intégration sous-régionale, le géant ouest-africain omettrait d’exécuter 80 % des jugements prononcés par la Cedeao.
Incompatibilité avec les spécificités des États
À la tête d’une délégation de magistrats, Ricardo Gonçalves a eu droit à un savant mélange de jargon juridique technique et de novlangue diplomatique, prosodie destinée à ne pas répéter frontalement une critique formulée, depuis 2024, par le procureur général de la Fédération nigériane et ministre de la Justice : la Cour de la Cedeao rendrait des ordonnances et jugements qualifiés de « pratiquement impossibles à exécuter », du fait de leur incompatibilité avec certaines spécificités des États membres.
Immobilisme politique
Si le dialogue a pu paraître évasif, les juges Gonçalves et Kekere-Ekun sont manifestement tombés d’accord sur un point : l’exécution des jugements relève principalement du pouvoir exécutif. C’est de ce manque de volonté politique dont s’est plaint le visiteur de la Cedeao.
