Selon un récent rapport de l’European Union Agency for Asylum (EUAA), les départs irréguliers depuis les côtes marocaines vers l’Espagne ont nettement reculé en 2025. Une évolution qui contraste avec la hausse observée depuis l’Algérie, qui capte désormais une part croissante des départs dans la région.
Les flux migratoires vers l’Europe ont connu des évolutions contrastées au cours de l’année 2025. Selon le dernier rapport de l’Agence européenne pour l’asile, la route migratoire reliant l’Afrique du Nord et de l’Ouest aux côtes espagnoles a enregistré une diminution marquée des départs irréguliers depuis le Maroc.
D’après l’EUAA, les départs depuis le Royaume ont reculé de 17 %, une évolution qui s’inscrit dans un mouvement plus large de contraction des flux sur la route migratoire dite de l’Afrique de l’Ouest. Sur cet axe reliant notamment les côtes africaines aux îles Canaries, les détections d’entrées irrégulières ont chuté de 63 %.
Cette tendance est étroitement liée, selon le rapport, au renforcement de la coopération opérationnelle entre Madrid et Rabat. Les autorités espagnoles et marocaines ont intensifié leur coordination en matière de gestion des frontières, notamment à travers le partage d’informations, la surveillance maritime et la lutte contre les réseaux de trafic de migrants.
L’EUAA souligne que ces efforts conjoints visent à « gérer les flux migratoires mixtes, réduire les traversées irrégulières et s’attaquer aux causes profondes de la migration ». Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un partenaire central de la politique migratoire européenne sur la façade atlantique.
Au-delà de la seule dimension sécuritaire, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contenir les flux migratoires et à prévenir les départs dangereux à destination de l’Europe. La diminution observée en 2025 semble ainsi confirmer l’efficacité relative de ce dispositif de coordination.
Le rapport met toutefois en évidence un contraste notable à l’échelle régionale. Alors que les départs irréguliers depuis le Maroc reculent, ceux enregistrés depuis l’Algérie connaissent au contraire une progression. Cette hausse des départs observée depuis les côtes algériennes laisse entrevoir une dynamique différente. Plusieurs observateurs notent en effet que ces traversées semblent se multiplier dans un environnement où les dispositifs de contrôle apparaissent sensiblement moins contraignants, offrant de fait un espace d’action plus large aux filières de migration clandestine.
Le Maroc apparaît par ailleurs dans un autre volet important du rapport européen. La Commission européenne propose d’inclure le Royaume dans une liste commune de pays d’origine sûrs, aux côtés notamment du Bangladesh, de la Colombie, de l’Égypte, de l’Inde ou encore de la Tunisie.
Ces pays représenteraient ensemble environ 16 % des demandes d’asile déposées dans l’Union européenne en 2025. L’inscription sur cette liste permettrait aux États membres d’appliquer des procédures d’examen accélérées pour les demandes d’asile émanant de leurs ressortissants, dans la mesure où ces pays sont considérés, en principe, comme ne présentant pas de risques généralisés de persécution.
Plus globalement, le rapport de l’EUAA met en évidence une reconfiguration progressive des routes migratoires vers l’Europe, sous l’effet combiné des politiques de contrôle des frontières, des accords bilatéraux et de l’évolution des contextes régionaux.
