La décision de Niamey d’expulser un diplomate béninois, suivie de la suspension des activités de l’ambassade du Bénin, ravive les tensions diplomatiques entre les deux pays sur fond de soupçons sécuritaires et de relations déjà dégradées.
Le ministère nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur a déclaré, mercredi 1er janvier, Seidou Imourana, Premier conseiller à l’ambassade du Bénin, persona non grata. Le diplomate a reçu l’ordre de quitter le territoire nigérien sous 48 heures, selon un communiqué signé par le Secrétaire général du ministère. La mesure, justifiée par « le principe de réciprocité », intervient sans que les autorités nigériennes ne précisent les motifs exacts.
Cette décision fait suite à l’expulsion par Cotonou du chef d’antenne de la DGDSE (services de renseignements nigériens) et d’une commissaire de police en poste à l’ambassade du Niger au Bénin, tous deux soupçonnés d’activités subversives, selon plusieurs sources médiatiques.
Cette escalade diplomatique survient quelques semaines après la tentative de coup d’État attribuée au lieutenant-colonel Pascal Tigri, un événement qui a exacerbé les suspicions dans la sous-région. Certains médias ont évoqué une possible implication du Niger dans cette affaire, bien qu’aucune preuve officielle n’ait été rendue publique.
Les relations entre Niamey et Cotonou se sont considérablement détériorées depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger. Le Président de la refondation, le général Abdourahamane Tiani, a multiplié les accusations contre le Bénin, qu’il soupçonne de mener des activités hostiles en complicité avec la France, ancienne puissance coloniale avec laquelle Niamey a rompu ses accords de défense.
Cette crise s’inscrit dans un contexte régional tendu, marqué par les divergences entre le Niger, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Mali et le Burkina Faso, et plusieurs États côtiers de la Cédéao, dont le Bénin fait partie.
AC/APA
