La Mauritanie a refusé la demande du polisario d’ouvrir une représentation diplomatique à Nouakchott, une initiative qui ressemble davantage à un baroud d’honneur qu’à une manœuvre diplomatique sérieuse.
Le polisario a tenté, une nouvelle fois, d’obtenir l’ouverture d’une ambassade en Mauritanie. Nouakchott a fermement décliné la demande. Une réponse sans ambiguïté, qui confirme que la capitale mauritanienne n’a aucune intention de s’aventurer dans les illusions diplomatiques d’un front agonisant.
Selon des sources bien informées, la demande du mouvement séparatiste n’a pas suscité le moindre intérêt auprès des autorités mauritaniennes, attachées à leur ligne de « neutralité constructive ». En clair : pas question de froisser le Maroc ni de s’associer à une cause dépourvue de toute crédibilité internationale.
Le rejet mauritanien ne surprend guère ceux qui suivent ce dossier depuis des décennies. Depuis sa reconnaissance formelle de la soi-disant « rasd » en 1984, Nouakchott n’a jamais accordé le moindre statut diplomatique au polisario. Aucun ambassadeur, aucun bureau, aucune plaque sur une porte : juste une reconnaissance symbolique signée à une époque où le pays cherchait avant tout à se protéger des attaques que menait alors le polisario contre ses positions. L’histoire retiendra que cette « reconnaissance » fut arrachée sous la menace, à la suite d’opérations militaires répétées sur le sol mauritanien, dont celle d’Aïn Ben Tili en 1976.
Une diplomatie du mirage
Si l’initiative du mouvement séparatiste prête à sourire, c’est qu’elle intervient à contretemps. À un moment où le conflit artificiel autour du Sahara occidental se dirige vers sa résolution définitive, avec l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Ce texte a entériné le plan d’autonomie marocain comme base réaliste et sérieuse de règlement, scellant de facto la destinée imparable du polisario.
Mais à Tindouf, l’illusion continue. Faute d’avancées sur le terrain, le mouvement dirigé par Brahim Ghali tente de sauver la façade par des actions désespérées. Cette demande d’ouverture d’ambassade en Mauritanie relève moins d’une stratégie politique que d’un réflexe d’autoconservation : faire croire qu’il reste encore des alliés à mobiliser, alors même que les vents régionaux soufflent ailleurs.
Les dirigeants mauritaniens, eux, n’ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent des années où le polisario frappait leurs convois et menaçait la stabilité d’un pays déjà fragilisé. Ils n’ont donc guère de raison de se compromettre dans une aventure diplomatique vouée à l’échec. D’autant que la Mauritanie, en quête de stabilité au Sahel, ne souhaite pas rallumer des tensions régionales éteintes depuis longtemps.
Dans les cercles diplomatiques de Nouakchott, on qualifie volontiers cette énième requête du mouvement sahraoui de « tentative de communication plus que de diplomatie ». Autrement dit, une opération de façade destinée à calmer les frustrations croissantes dans les camps de Tindouf, où le désenchantement est à son comble.
