Au Bénin, la conférence de presse du président Patrice Talon suscite de vives réactions. Face aux professionnels des médias, ce jeudi 18 décembre 2025, le Chef de l’État est longuement revenu sur deux sujets majeurs de l’actualité nationale béninoise : les événements survenus le 7 décembre dernier et la nouvelle Constitution promulguée la veille, mercredi 17 décembre.
« Des petits terroristes manipulés »
Devant la presse nationale et internationale, Patrice Talon a tenu à lever toute ambiguïté sur les événements sécuritaires du dimanche 7 décembre dernier. Le président béninois a formellement écarté l’implication de la Garde nationale, évoquant plutôt des actes isolés menés par des individus manipulés.
»Je peux vous dire que ce n’est pas la garde nationale qui a opéré l’attaque, non. Bon, c’était des voyous, des petits terroristes qui ont été manipulés, encouragés par quelques acteurs marginaux politiques du Bénin et puis quelques personnes étrangères que je me garderai d’évoquer ici parce que la justice s’est déjà saisie de cette affaire-là » a précisé le président Talon.
Le Chef de l’État béninois, tout en se voulant rassurant, reconnaît néanmoins des insuffisances. Une lucidité assumée, selon lui, dictée par un excès de confiance dans la stabilité du pays.
Tout en reconnaissant qu’il y a eu des failles, il a explique : « Nous étions peut-être un peu dans un excès d’assurance et de constat de la paix, de la tranquillité d’un pays dans lequel tout le monde, malgré nos difficultés, nos peines, nos heurts, nos divergences. On pensait que le Bénin était loin d’être sujet à une telle chose ».
Une question de devoir
Cette conférence de presse a également permis au président Patrice Talon de s’exprimer sur la nouvelle Constitution promulguée le 17 décembre. Si certains saluent un exercice de transparence, de lucidité et de courage, d’autres estiment que le timing choisi est quelque peu maladroit. Une lecture que ne partage pas l’analyste politique Aristide Kanoussou.
Selon lui »qualifier cette sortie d’inopportune, c’est méconnaître le rôle d’un président en temps de tension. Quand la démocratie est menacée, la parole présidentielle n’est pas un luxe, c’est un devoir ».
Pour l’analyste politique « mieux vaut un chef d’État qui explique, assume et est clair qu’un pouvoir muré dans le mutisme. L’inopportunité n’est pas dans la parole, elle serait dans le silence. Et je sais désormais, après cette sortie, par exemple, que le président Patrice Talon va siéger au Sénat. Je sais un certain nombre de choses qui ont motivé le mandat de cet an, etc. »
En prenant la parole dans un contexte marqué par l’inquiétude et les interrogations, Patrice Talon a choisi la pédagogie et l’explication. Une démarche diversement appréciée, mais qui semble apaiser les craintes.
