Traditionnellement, ce sont des milliers de pèlerins maliens qui voyagent chaque année en Arabie Saoudite et dans ses villes saintes pour effectuer la Omra, ou encore le Hajj, le grand pèlerinage.
La période février-mars est celle du petit pèlerinage et c’est pourquoi certains Maliens se sont retrouvé bloqués en Arabie saoudite, avec le début de l’attaque sur l’Iran, le 28 février dernier.
Jusque-là, les fidèles ne s’inquiètent pas encore
Mais pour Ibrahim Sacko, cadre de l’agence de voyage Al Madina, spécialisé dans l’organisation du pèlerinage, cette guerre n’aurait encore eu que peu de conséquences sur le pèlerinage.
« Oui, il y a des tensions en ce moment dans les pays du Golfe, mais cela n’a pas eu d’impacts sur nos activités liées au pèlerinage. Depuis le début de la guerre entre l’Iran et la coalition israélo-américaine, nous avons envoyé deux convois de pèlerins vers la Mecque qui sont bien arrivés à destination », explique-t-il.
Mais Ibrahim Sacko signale tout de même que des commerçants, qui transitent par Dubaï (Emirats Arabes Unis) et Doha (Qatar), avant d’arriver en Arabie Saoudite, ont rencontré des difficultés, car les hubs aériens sont fermés dans ces pays. Ceux-ci n’ont donc pas pu effectuer leur voyage et sont retournés au pays », ajoute-t-il
La situation est toutefois relativement calme dans les deux villes saintes de l’islam, à savoir la Mecque et Médine.
Al Hassan Bah, imam et islamologue, présent en Arabie Saoudite, affirme que « les gens vaquent à leur adoration, ainsi qu’à leurs occupations quotidiennes. Il n’y a pas de situation de panique ici. Nous avons d’ailleurs effectué notre Omra ce mardi (10 mars) à trois heures du matin, heure locale. Il n’y a aucun changement du côté du dispositif sécuritaire. Mais à Djeddah, ainsi que dans les grandes villes comme Riyadh, il y a souvent des alertes qui résonnent. Car elles abritent en leur sein des investissements et des bâtiments colossaux américains, mais aussi des bases de l’armée américaine », conclut-il
Selon les responsables des agences de voyage, il ne devrait pas y avoir de problème pour les fidèles maliens si la date du grand pèlerinage est maintenue au mois de mai prochain, car ceux-ci transitent essentiellement par Addis-Abeba, en Ethiopie, et Istanbul, en Turquie, avant d’atterrir en Arabie Saoudite.
