Ponction de salaire : Les enseignants annoncent une plainte contre l’état
La tension monte d’un cran entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement sénégalais. Lors d’une conférence de presse tenue par le G7, les leaders syndicaux ont dénoncé une série de décisions qu’ils jugent injustes et provocatrices, notamment les ponctions sur les salaires et l’absence de dialogue sincère pour régler le passif des accords avec les enseignants.
Selon Aliou Diouf, secrétaire général national du CUSEMS, la réunion engagée par le gouvernement avec certaines centrales syndicales ne concerne pas le G7. « La réunion qui se tient avec les centrales syndicales n’engage nullement le G7 parce que les syndicats d’enseignants ne sont pas signataires du Pacte de stabilité sociale », a-t-il déclaré, tout en exigeant la convocation du comité de suivi.
Le responsable syndical a également dénoncé avec vigueur les retenues opérées sur les salaires des enseignants. Le G7 condamne, selon lui, « avec la dernière énergie les ponctions illégales, disproportionnelles et arbitraires » effectuées au mépris des règles en vigueur. Les syndicats déplorent aussi ce qu’ils qualifient de communication « irresponsable » du gouvernement après ces prélèvements.
Considérant ces actes comme une volonté d’« humilier d’honnêtes travailleurs exerçant un droit constitutionnel », le G7 a décidé de porter l’affaire sur le plan international. Les syndicats annoncent ainsi le dépôt d’une plainte auprès du Bureau international du Travail (BIT) pour violation de la Convention n°95 de l’Organisation internationale du travail relative à la protection du salaire.
De son côté, Amidou Diedhiou, secrétaire général national du SELS, a déploré la gestion de la crise par les autorités dans un contexte qu’il qualifie de « crise scolaire sans précédent ». Avec un quantum horaire fortement diminué, il estime que la priorité du gouvernement devrait être la pacification de l’espace scolaire par le règlement immédiat du passif des accords.
« Au lieu de s’engager dans la voie de l’apaisement à travers un dialogue franc et sincère, le gouvernement semble avoir choisi l’intimidation, la provocation et la confrontation avec les syndicats d’enseignants », a-t-il regretté.
Les responsables du G7 rejettent par ailleurs l’argument des « revendications émergentes » avancé par les autorités, qu’ils considèrent comme une tentative de diabolisation des organisations syndicales. Selon eux, les enseignants réclament simplement la matérialisation des accords déjà signés avec l’État et l’ouverture de négociations sur de nouvelles questions.
Le G7 indique également avoir procédé à l’évaluation de son cinquième plan d’action et à une analyse de la situation qui secoue l’école sénégalaise. Les syndicats saluent la mobilisation des enseignants lors des rassemblements et sit-in organisés le 3 mars 2026 dans plusieurs inspections d’académie, notamment à Bignona où une marche a été organisée.
Toutefois, ils fustigent le comportement du préfet de cette localité qui, selon eux, a refusé de recevoir leur mémorandum.
Face à ce qu’ils qualifient de « manœuvres dilatoires » du gouvernement, les syndicats tiennent l’État pour « seul responsable de tout ce qui adviendra de l’année scolaire 2025-2026 ». Le G7 annonce par ailleurs la poursuite de son sixième plan d’action et appelle l’ensemble des enseignants du pays à la mobilisation, à l’unité et à la solidarité.
Parmi leurs exigences figurent notamment la finalisation des travaux du comité technique bipartite, l’implication des plus hautes autorités de l’État et la convocation rapide d’une rencontre de monitoring conformément aux dispositions du protocole signé le 30 avril 2018.
