Le ministre de l’Économie nationale de la République démocratique du Congo, a justifié le raffermissement du franc congolais par un ajustement du niveau de la réserve obligatoire et la bonne gestion des échéances fiscales, lors de sa réponse à la question d’actualité, mardi, au cours d’une séance plénière au Sénat.
« (…) En date du 21 août 2025, le gouverneur informait la profession bancaire, dans une correspondance adressée à l’Association congolaise des banques (ACB), que lors de trois prochaines notifications c’est-à-dire celle de septembre, octobre et novembre 2025 qu’elle devait procéder à l’actualisation successive du taux de change appliqué à la réserve obligatoire qui avait été cristallisé depuis décembre 2021 au taux 1.999,9 franc congolais le dollar américain. Ce taux de change figé méritait quand même une correction pour raffermir le franc congolais », a déclaré Daniel Mukoko, ministre de l’Economie nationale.
Cette réserve a-t-il expliqué dans cette plénière présidée par le président du Sénat, Sama Lukonde, est un instrument règlementé à travers l’instruction numéro 10 de la Banque centrale du Congo.
Le ministre de l’Economie a fait comprendre que les réserves obligatoires sont notifiées mensuellement aux banques commerciales. Le gouverneur avait donc décidé d’actualiser ce taux dans une première étape pour la période du 15 décembre au 14 octobre, au cours indicatif du 27 juillet 2023, soit 2.402,72 franc congolais le dollar américain. Et dans une deuxième étape, pour la période allant de 15 octobre au 14 novembre, elle allait actualiser cette réserve obligatoire au cours indicatif du 26 janvier 2024. La troisième étape qui devrait arriver bientôt qui couvre la période du 15 novembre au 14 décembre 2025, l’actualisation se ferait au cours indicatif du dernier jour du mois d’octobre 2025, soit à plus de 2.200 francs congolais.
C’est donc à ce taux-là que le 15 novembre, la réserve obligatoire sera calculée. « Cela signifie qu’après ces trois moments de rattrapage, on revient à la situation normal d’informer mensuellement les banques commerciales de tenir compte du cours indicatif de dernier mois finissant. C’est ce qui passait réellement en septembre. Cette opération signifiait qu’en calculant la réserve obligatoire à un taux plus élevé, la BCC a opéré une ponction des francs congolais du marché », a soutenu ce membre du gouvernement.
Et d’ajouter : « le fait que cela (ce réajustement) se fait dans un mois fiscal, c’est-à-dire que les entreprises qui devraient également payer leurs impôts en francs congolais allaient chercher les francs congolais. Et cette forte demande des francs congolais est l’explication principale de l’appréciation du franc congolais, observé à partir du fin septembre et mi-octobre dernier.
Les mesures stratégiques du Gouvernement
Pour Mukoko Samba, l’appréciation du franc congolais n’est pas nullement un fait du hasard. Elle est bel et bien le résultat d’un rattrapage progressif du taux de change pour la réserve obligatoire des banques, figé depuis décembre 2021 à 1.999,9 CDF/USD alors que le marché était autour de 2 850 CDF/USD. Et pour maintenir cet élan, le ministre a énuméré un certain nombre des stratégies. A l’en croire, il va de soi que l’Etat réduction des dépenses non essentielles et hiérarchise des projets d’investissement. Le gouvernement national est également appelé à maintenir le paiement des salaires en CDF. Aussi, d’après lui, l’exécutif national doit lutter fortement contre l’évasion fiscale.
Somme toute, il a démontré noir sur blanc que la stabilité monétaire est indissociable d’une gestion fiscale rigoureuse.
Quid de l’impact de cette appréciation sur la vie quotidienne?
Le ministre de l’Economie nationale a fait remarquer que les prix des biens de grande consommation ont baissé en République démocratique du Congo. Toutefois, il a fustigé le fait que d’aucuns en RDC réfléchissent par rapport au dollar américain, s’agissant des prix des marchandises.
Chiffres à l’appui, Mukoko a donné un échantillon des biens de grande consommation essentiellement alimentaires dont les prix ont été revus à la baisse. C’est le cas notamment du riz, poisson chinchard, tomate, farine de maïs et autres.
Rappelons que la question d’actualité initiée par le sénateur Janvier Mwisha l’a été sur base de prescrits des articles 100 et 138 de la Constitution de la RDC et 177, 178 du Règlement intérieur du Sénat.
L’élu des élus de la province Mwisha tenait à connaitre notamment les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour obtenir ce raffermissement du franc congolais.
ACP/Célestin Lutete
