Un vol commercial a atterri dimanche dans la capitale soudanaise pour la deuxième fois depuis le début de la guerre, marquant une reprise très limitée du trafic aérien en provenance de Port-Soudan.
Un avion de la compagnie nationale Sudan Airways s’est posé dimanche 1er février 2026 à l’aéroport international de Khartoum, marquant la reprise très limitée du trafic aérien vers la capitale soudanaise. Il s’agit du deuxième vol commercial à atterrir à Khartoum depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023, selon l’Autorité de l’aviation civile.
L’appareil avait décollé de Port-Soudan, sur la mer Rouge, ville qui avait servi de siège provisoire au gouvernement pendant une large partie du conflit. Le Premier ministre Kamil Idris figurait parmi les passagers, sans que les autorités ne précisent le nombre total de personnes à bord. Dans un communiqué, l’Autorité de l’aviation civile a qualifié ce vol de « historique », évoquant la reprise effective des opérations de l’aéroport, resté à l’arrêt depuis le début des combats.
Sur place, l’événement a suscité une forte charge symbolique. « Je ressens à la fois de la joie et un immense bonheur : l’aéroport est de nouveau ouvert, et avec lui, le pays et la capitale reprennent vie. », a déclaré Musab Suwar Al-Dhahab, citoyen soudanais, exprimant l’espoir d’un effacement progressif des conséquences de la guerre.
Salma Idris, employée dans une académie d’aviation, s’est dite « fière et heureuse » d’accueillir un avion de Sudan Airways pour la première fois depuis le début du conflit.
La reprise reste toutefois fragile. En octobre dernier, un premier vol commercial opéré par une compagnie privée avait déjà atterri à Khartoum, avant que l’aéroport ne soit la cible d’attaques de drones attribuées aux Forces de soutien rapide (FSR), opposées à l’armée régulière. Aucune information n’a été communiquée sur la fréquence des vols intérieurs à venir ni sur une éventuelle reprise des liaisons internationales.
Au-delà de sa portée opérationnelle, cette reprise du trafic aérien s’inscrit dans une stratégie politique. Trois semaines après le retour officiel du gouvernement à Khartoum, les autorités cherchent à démontrer une normalisation progressive de la situation sécuritaire afin de rassurer les bailleurs de fonds internationaux. Selon des analystes, l’objectif est d’attirer les financements nécessaires à la reconstruction d’une capitale largement détruite par la guerre.
Déclenché en avril 2023 par une lutte de pouvoir entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, le conflit a fait plus de 40 000 morts selon les Nations unies.
