Tension à l’Ucad :Les étudiants annoncent une plainte contre sonko pour diffamation
Le Collectif des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a publié un communiqué alarmant dénonçant des violences policières survenues au sein du campus social, ayant conduit à la mort d’un étudiant. En réaction, la structure estudiantine a décrété une « université morte » jusqu’à nouvel ordre.
Selon le Collectif, les faits se sont produits le lundi 9 février 2026, journée qui avait été déclarée « journée noire » par les étudiants. Cette initiative, précisent-ils, n’impliquait aucune manifestation, les étudiants ayant été appelés à rester dans leurs chambres. Malgré cela, les forces de l’ordre auraient pénétré dans le campus social aux environs de 10 heures du matin.
Le communiqué fait état de tirs à bout portant sur des étudiants sans défense, suivis en début de soirée, vers 18 heures, d’opérations de dégagement forcé des pavillons. Les forces de l’ordre auraient alors défoncé des portes, procédé à des passages à tabac, ainsi qu’à des saccages et vols de biens appartenant aux étudiants.
Le Collectif affirme qu’un étudiant nommé Abdoulaye Ba a été « brutalement torturé à mort » par les policiers. Il précise que la victime n’aurait pas participé aux affrontements et aurait été retrouvée dans sa chambre avant d’être battue à mort. Le défunt est désormais présenté comme un « martyr de la cause estudiantine ».
Dans son communiqué, le Collectif des amicales tient pour responsables les plus hautes autorités de l’État du Sénégal, notamment le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, ainsi que le ministre de l’Intérieur. Il annonce son intention de saisir les juridictions nationales et internationales et d’engager une plainte pour diffamation contre le Premier ministre.
Par ailleurs, le Collectif s’insurge contre la décision du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) de fermer le campus social sans concertation avec les représentants des étudiants. Une mesure jugée « irresponsable » dans un contexte de « profonde douleur collective » et susceptible d’entraîner de graves conséquences.
Face à cette situation, le Collectif appelle les étudiants à rentrer chez eux et conditionne la reprise des activités universitaires à la prise en charge de leurs revendications, à la libération de tous les camarades arrêtés et à des sanctions judiciaires et administratives contre les responsables des violences.
Enfin, il interpelle les organisations nationales et internationales de défense des droits humains afin qu’elles constatent les actes de torture et de barbarie dénoncés. Le Collectif a également présenté ses condoléances à la famille d’Abdoulaye Ba, réaffirmant son engagement indéfectible envers la communauté estudiantine.
